
Le Tchad et la Centrafrique s’accordent sur la création d’une force frontalière mixte
Le Tchad et la Centrafrique conviennent de la mise en place d’une force mixte de sécurisation le long de leur frontière commune, qui s’étend sur environ 1 200 km. Cet accord a été l’un des principaux points abordés lors de la réunion de la commission mixte Tchad-RCA, qui s’est tenue à Bangui le mercredi 23 octobre. Il s’agissait de la première rencontre ministérielle de cette commission depuis 2015, et les participants ont salué l’amélioration des relations bilatérales entre les deux pays.
Lors de cette rencontre, quatre projets d’accords ont été signés, marquant une nouvelle étape dans le rapprochement entre N’Djamena et Bangui. La délégation tchadienne, composée de quatre ministres et conduite par le ministre des Affaires étrangères, Abderramane Koulamallah, a mis l’accent sur la sécurité frontalière, l’enjeu majeur de ces discussions.
Le projet phare concerne la création d’une force mixte pour sécuriser les zones frontalières, souvent marquées par la présence de groupes armés et de trafics.
« Nous voulons aider la Centrafrique et mettre fin aux activités des bandits armés qui circulent dans ces zones. Cela permettra d’éviter les accusations mutuelles que nous avons connues par le passé », a déclaré le ministre Koulamallah.
Bien que le projet en soit encore à ses prémices, une sous-commission sera mise en place pour finaliser les modalités. Le Tchad ambitionne de reproduire un modèle similaire à celui déjà en place à sa frontière avec le Soudan.
Un signal fort de détente
Cette initiative conjointe marque une avancée notable dans les relations entre le Tchad et la Centrafrique, particulièrement après la réouverture du point de passage de Sido en mai dernier, un corridor fermé pendant dix ans. Ce passage facilite désormais la circulation des populations des deux côtés de la frontière.
Le ministre tchadien des Affaires étrangères a également tenu à préciser qu’il s’agissait d’une « coopération entre États », et que le Tchad ne traite qu’avec les autorités et les forces armées centrafricaines, même si la présence de mercenaires russes du groupe Wagner est signalée dans les régions frontalières centrafricaines.
Il a également rejeté les rumeurs d’affrontements récents avec ces mercenaires.
Outre les discussions sur la sécurité, les deux jours de réunions ont permis de renforcer les engagements des deux pays à poursuivre leur rapprochement et à développer d’autres domaines de coopération, notamment dans les secteurs commercial et agricole. Ce partenariat renouvelé promet de renforcer la stabilité et le développement des régions frontalières.