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Le Commissaire Principale, Somialo Potcholi-Kadja, Directrice Générale de l’EPAM : « Nous pouvons donc affirmer sans risque de nous tromper que dans les marchés sous gestion de l’EPAM, les mesures barrières sont respectées à plus de 80% ».

©-Newsoftogo-(Lomé, le 12 juin 2020)-Le monde entier fait face depuis plus de six (6) mois à une pandémie au nouveau Coronavirus dont les effets pernicieux et dévastateurs ne cessent de tenir en émoi aussi bien les pays développés que les pays en voie de développement. Au Togo, le gouvernement a pris une batterie de mesures de prévention pour contenir la propagation de l’épidémie et atténuer les conséquences de cette crise. Malheureusement, ces mesures continuent d’être foulées au pied par bon nombre de Togolais surtout celle relative au respect de la distanciation aux alentours de certains marchés de Lomé après leur fermeture. Notre rédaction a tendu son enregistreur à la Directrice Générale de l’Etablissement public autonome pour l’exploitation (EPAM). Le Commissaire Principale Somialo Potcholi-Kadja revient sur les sanctions affligées aux récalcitrants. Ces sanctions selon elle, vont d’un simple rappel à l’ordre au retrait définitif du droit d’accès à l’espace d’éventaire en passant par la saisie temporaire de marchandises et/ou de matériels et les sanctions-amendes. Pour elle, la majorité de leurs partenaires a pris conscience de la situation et adopte des comportements responsables, ce qui n’était pas évident au début de la pandémie. Elle affirme haut et fort sans risque que dans les marchés sous gestion de l’EPAM, les mesures barrières sont « respectées à plus de 80% ». Par ailleurs, elle tire chapeau au gouvernement pour les dispositions prises et les efforts qui se déploient pour limiter sa propagation avant de témoigner sa gratitude à ses collaborateurs sur le terrain pour le travail qu’ils abattent et continuent d’abattre malgré les difficultés et les incompréhensions. Aux partenaires, commerçantes et commerçants, Mme Potcholi-Kadja les invite à continuer par observer les mesures barrières afin de briser la chaîne de contamination pour une reprise normale de leurs activités.

Lisez plutôt l’entretien

newsoftogo.info : Vous avez pris un certain nombre de mesures en lien avec celles du gouvernement pour limiter la propagation du virus Corona. Quel bilan peut-on faire à ce jour ?

Somialo Potcholi-Kadja : Avant de répondre à cette question, je voudrais faire d’abord remarquer que l’EPAM est un établissement public crée par l’Etat avec pour missions essentielles d’assurer la gestion et la coordination des activités des marchés implantés dans l’ancienne commune de Lomé. Depuis les élections municipales de Juin 2020 suivie de la désignation et de l’installation des organes de gestion des mairies, le gouvernement a, conformément aux textes en vigueur, procédé à la rétrocession aux nouvelles collectivités territoriales de nombreux marchés situés sur leur ressort territorial. Seuls les marchés Adawlato, Agbadahonou, Attikpodji, Abattoir, Gbossimé, Hédzranawoé, Djidjénou, Quinzaine et Campus-Ouest sont désormais sous gestion EPAM. Je précise que celui de campus-ouest n’est pas encore opérationnel. Et je tiens à vous rassurer que l’EPAM apporte son expertise et son appui technique aux autorités communales ainsi qu’à leurs services techniques afin de leur permettre de prendre progressivement et efficacement en main la gestion des marchés.

Pour revenir à votre question, dès l’apparition du premier cas à la Covid-19 au Togo, plusieurs mesures ont été prises par le gouvernement dans le cadre de la riposte. Parmi ces mesures, le lavage régulier des mains, la distanciation sociale et l’obligation du port de cache-nez doivent être observées dans les marchés sur toute l’étendue du territoire.

Aux premières heures, l’EPAM a initié des actions de sensibilisation sur la pandémie et les mesures préventives dans la trentaine de marché sous sa responsabilité. Il s’est agi d’actions itinérantes par des équipes mobiles composées de personnels de l’EPAM équipées de dispositifs de porte-voix communément appelés mégaphones. Il s’agit également d’actions de communication à travers les systèmes intégrés de radiodiffusion disponibles dans certains de nos marchés. Quel qu’en soit le mode de transmission, le message était le même : les usagers des installations marchandes (commerçants, acheteurs et visiteurs etc.) doivent observer les mesures barrières décidées par l’Etat.

L’EPAM a également déployé et rendu accessible des dizaines de dispositifs de lavage des mains (DLM) équipés d’eau et de détergent dans l’ensemble des marchés. Un système de surveillance et d’approvisionnement régulier a été mis en place pour s’assurer de l’effectivité de leur fonctionnement et leur utilisation par les usagers.

D’ailleurs, pour m’en assurer, j’ai mis sur pied un comité interne de coordination présidé par mon Adjoint. Ce comité poursuit avec beaucoup de satisfaction son travail et nous fait régulièrement le point lors de réunions quasi hebdomadaires.

À ce jour, l’accès à nos marchés est subordonné au lavage des mains et au port systématique des masques.

Le constat que nous pouvons faire à ce jour est que la majorité de nos partenaires a pris conscience de la situation et adopte des comportements responsables. Ce qui n’était pas évident au début de cette pandémie. Nous pouvons donc affirmer sans risque de nous tromper que dans les marchés sous gestion de l’EPAM, les mesures barrières sont respectées à plus de 80%.

Ce résultat est atteint grâce également à la grande campagne de sensibilisation mis en place par le gouvernement sur les médias télé, radio, presse écrite, presse en ligne et réseaux sociaux.

Les heures de fermeture des marchés fixés à 16H00 sont strictement respectées dans la plupart de vos marchés. Mais l’on observe que dans certains autres, vous peinez à faire appliquer les mesures. Quelles mesures l’EPAM prend-il pour y faire face?

 

Dès que le gouvernement a décrété l’état d’urgence sanitaire et réaménagé les horaires d’ouverture et de fermeture des marchés en les fixant désormais respectivement à huit (08) heures et à seize (16) heures, ceux-ci ont été appliqués immédiatement dans nos marchés.

L’application des mesures barrières est effective sans grande difficulté dans nos marchés clôturés car offrant une plus grande facilité de contrôle aux différents points d’accès. Ceux qui ne le sont pas nous compliquent, par contre, quelque peu la tâche parce qu’on peut y observer quelques flottements liés à la multiplication des points d’accès et à l’installation anarchique des commerçants et commerçantes au-delà du périmètre des marchés. Ce qui ne facilite naturellement pas la tâche à nos agents de contrôle.

Nous bénéficions fort heureusement, de l’appui salutaire et efficace de la Force de sécurité anti-pandémie (FOSAP), qui très régulièrement nous aide à, tant bien que mal, maîtriser la situation.

Quelles sanctions appliquez-vous aux usagers qui n’observent pas les mesures barrières instaurées dans les marchés ?

 

Il est vrai que malgré les mesures édictées par le gouvernement, il y a malheureusement certains de nos compatriotes qui ont du mal à les respecter. Et bien évidemment, comme vous le savez, ces cas se retrouvent également dans nos marchés. Il faut, pour les besoins de la cause distinguer deux (2) catégories d’usagers de nos marchés. En dehors du personnel de l’EPAM, il y a d’une part les acheteurs et visiteurs et d’autre part les commerçants et commerçantes.

L’accès à nos marchés est interdit à toute personne ne disposant pas d’un cache-nez et n’ayant pas effectué le lavage de mains à l’une des entrées du marché. C’est une sanction applicable à tous quelle que soit la raison de la présence dans le marché. Et nos agents de sécurité y veillent quotidiennement.

S’agissant particulièrement des commerçants et commerçantes, des sanctions spécifiques sont appliquées à ceux qui sont pris en flagrant délit de violation des mesures barrières.

Les sanctions vont, en fonction de la gravité de la faute, d’un simple rappel à l’ordre au retrait définitif du droit d’accès à l’espace d’éventaire en passant par la saisie temporaire de marchandises et/ou de matériels et les sanctions-amendes.

Quels sont les impacts enregistrés ou prévisibles de la crise sanitaire COVID-19 sur les activités de l’EPAM ?

Vous l’avez si bien relevé que cette crise sanitaire impacte négativement tous les secteurs d’activités et l’EPAM ne saurait y échapper.  Bien que depuis le déclenchement de cette crise sanitaire, le gouvernement n’ait pas décidé de la fermeture des marchés comme ce fut le cas dans d’autres pays, les activités commerciales dans nos marchés ont fortement été perturbées, voire ralenties. Le grand marché d’Adawlato, le grand pôle d’attraction commerciale de la sous-région et poumon de l’économie togolaise et majoritairement animé par les acheteurs venant du Ghana, du Bénin, de la Côte d’Ivoire et du Nigéria, est devenu quasiment désert à cause de la fermeture des frontières. Les activités qui s’y déroulent se résument à de petits commerces de détail. Certains magasins, kiosques, gargotes et boutiques sont fermées, faute de clients.

Cette situation a donc entraîné une baisse considérable du taux de fréquentation de nos marchés. Certains commerçants et commerçantes ont tout simplement décidé de suspendre leurs activités commerciales ou d’en réduire la taille.

Le même phénomène est observé dans la plupart des autres marchés à part ceux d’Attikpodji et d’Abattoir où l’on observe une meilleure animation. Je signale que ces marchés sont spécialisés dans la vente du poisson fumé, des légumes et divers autres produits alimentaires.

Dans ces conditions, vous comprenez que l’EPAM dont l’essentiel des ressources est constitué des droits de places, de taxes et de loyers de boutiques ne peut que prendre un coup.

Mon souhait est que cette pandémie connaisse une fin dans les tous prochains jours afin que le cours normal de la vie et les activités commerciales reprennent pour le bonheur de nos commerçants et de leurs clients.

 

Votre mot de fin 

 

Je voudrais d’abord remercier le gouvernement pour les dispositions prises depuis le déclenchement de cette maladie et les efforts qui se déploient pour limiter sa propagation.

Je voudrais ensuite profiter de cet entretien pour féliciter et encourager l’ensemble de mes collaborateurs sur le terrain pour le travail qu’ils abattent et continuent d’abattre malgré les difficultés et les incompréhensions. Je leur demande de redoubler de vigilance et de ne pas baisser la garde car la maladie est encore bien là. Mes remerciements vont également aux membres des comités des commerçants qui œuvrent aux côtés de l’EPAM pour l’atteinte l’objectif ZERO COVID19 par les marchés.

À nos partenaires, commerçantes et commerçants, je les encourage et les invite à continuer par observer les mesures barrières afin de briser la chaîne de contamination pour une reprise normale de leurs activités. Je ne saurais terminer cet entretien sans dire un sincère merci à, à l’ONG ZONTA-Club Lomé Millénium et à bien d’autres bonnes volontés pour leur soutien et appui qui nous ont permis d’équiper et de renforcer les dispositifs dans nos marchés.

Entretien réalisé ensemble avec le site www.lerefletdafrique.com

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