« Tout ce qui se fera au Mali doit se faire avec et en accord avec les maliens », Abdoulaye Diop à l’ouverture de la troisième réunion du GST-Mali à Lomé

©Newsoftogo-(Lomé, le 6 septembre 2022)-La troisième réunion du groupe de suivi et de soutien à la transition au Mali (GST-Mali) a démarré ce mardi 6 septembre 2022 à Lomé au Togo. C’est le ministre togolais des Affaires étrangères, de l’intégration régionale et des Togolais de l’extérieur Robert Dussey qui a ouvert les travaux, en présence de son homologue malien, Abdoulaye Diop, le commissaire aux Affaires politiques, paix, sécurité de la CEDEAO…
A l’occasion, le ministre des Affaires étrangères malien n’a pas mâcher sur ses mots. Abdoulaye Diop a été clair, « rien ne sera imposé » au peuple malien mais que tout se fera selon le désir du peuple malien.
Pour lui, trois (3) principes qui doivent guider l’action publique au Mali conformément à la vision du président Assimi Goïta. Il s’agit du respect de la souveraineté du Mali, du respect des choix stratégiques et le choix des partenaires opérés par le Mali et de la défense des intérêts vitaux des maliens dans les décisions prises.
Après avoir donné l’objectif du GST-Mali qui selon lui est d’accompagner les autorités de la transition au Mali dans la résolution de la crise sociopolitique issue des évènements u 18 août 2020, Abdoulaye Diop a indiqué que tout ce qui se fera au Mali doit se faire sans les maliens ou contre les maliens.
Lire plutôt son discours de circonstances
Phrases protocolaires….
Mon pays se réjouit de cet accompagnement constant africain et international dont le but ultime est d’aider à la réussite de la Transition mais aussi de renforcer la capacité de résilience du Mali en le rendant moins vulnérable aux crises socio-politiques.
Votre mobilisation massive en ce jour démontre une fois de plus l’engagement, la détermination et la solidarité agissante de la communauté africaine et internationale à accompagner et à soutenir davantage le Mali pour une stabilité durable.
Dans le cadre de cette mobilisation, mutualisation et coordination des efforts, le Mali sait pouvoir compter sur l’alignement de nos partenaires sur les 3 principes clés qui guident l’action publique au Mali, conformément à la vision de Son Excellence le Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat, à savoir : le respect de la souveraineté du Mali ; le respect des choix stratégiques opérés par le Mali ; et la défense des intérêts vitaux du Peuple malien dans les décisions prises.
En votre qualité de partenaires du Mali, vous êtes familiers de l’évolution de la situation et, à ce titre, vous savez mieux que quiconque que le pays a pris une nouvelle trajectoire depuis mai 2021 à ce jour. Dans ce contexte, le Mali a décidé de prendre en main son destin et de compter d’abord sur lui-même pour relever les défis auquel il est confronté. Des efforts importants sont consentis par l’Etat malien malgré un environnement économique difficile, afin d’allouer des ressources budgétaires conséquentes pour financer les priorités de la Transition.
Le gouvernement de Transition, depuis sa mise en place, le 11 juin 2021, s’attèle à mettre en œuvre de façon diligente et efficiente son Programme d’actions qui a été adopté par le Conseil national de Transition, le 02 août 2021.
Dans le cadre de la mise en œuvre de ce Programme d’actions, le gouvernement du Mali, conformément à ses engagements, a redynamisé le dialogue politique avec les forces vives de la Nation, afin de renforcer l’inclusivité du processus de transition et d’assurer une large participation de tous les acteurs au processus électoral.
Ainsi, les autorités de la Transition, tirant les leçons de l’instabilité des institutions au Mali au cours de cette dernière décennie, ont jeté les bases de réformes substantielles, notamment celles qui garantissent des élections crédibles, inclusives, transparentes et apaisées par l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) mise en place à la faveur de l’adoption de la nouvelle loi électorale. Ces réformes visent à épargner au Mali de nouvelles crises pré ou post-électorales ou d’autres ruptures constitutionnelles, aux conséquences imprévisibles.
Parallèlement, je souligne que l’une des priorités majeures du Gouvernement de transition reste l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles en vue du retour à un ordre constitutionnel apaisé et sécurisé dans le délai de 24 mois à compter du 26 mars 2022.
Le Gouvernement a également œuvré à l’apaisement du climat social dans le pays, en consentant d’énormes efforts financiers pour améliorer les conditions de vie et de travail. Vous avez été témoin de la dynamique positive qui a marqué la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, comme en illustrent la tenue de la Réunion de Niveau Décisionnel (RND) tenue du 1er au 05 août 2022, suivie, il y a à peine 4 jours, de la 6ème session de haut niveau du Comité de suivi de l’Accord. C’est le lieu de saluer l’équipe de la médiation internationale conduite par l’Algérie pour son accompagnement et son soutien précieux.
a consolidation des progrès accomplis par les autorités de la Transition, ainsi que la réalisation des ambitions du Gouvernement et des aspirations légitimes des populations maliennes ne sont possibles que dans un environnement apaisé et sécurisé.
C’est tout le sens de l’engagement résolu des plus hautes autorités à ne ménager aucun effort pour poursuivre l’équipement des forces de défense et de sécurité du Mali en vue de préserver l’intégrité territoriale et l’unité nationale, de mieux protéger les populations civiles et de poursuivre la sécurisation du territoire national. Je tiens à préciser, à cet égard, que toutes les opérations militaires au Mali s’effectuent dans le strict respect des droits de l’homme et du droit humanitaire international.
Je réaffirme ici que le Mali reste ouvert à tous les partenaires qui souhaitent l’accompagner à relever les multiples défis auxquels il fait face, dans le respect strict de sa souveraineté et des aspirations légitimes du peuple malien.
Je salue à cet égard le travail accompli par la MINUSMA au Mali, malgré les conditions difficiles dans lesquelles son personnel évolue. Je me félicite par ailleurs des récents échanges francs et constructifs que le Gouvernement du Mali a eus avec la mission onusienne au Mali, qui ont permis la mise en place d’un cadre de dialogue au sein duquel la question des rotations des casques bleus a été réglée.
Aujourd’hui, bien que la situation sécuritaire demeure préoccupante et que les groupes armés terroristes (GAT) gardent une capacité de nuisance, nous constatons que ces groupes ont été sérieusement affaiblis et la peur a changé de camp.
En effet, grâce aux actions offensives menées, nos forces armées ont remporté des victoires décisives contre les groupes obscurantistes. Ces actions ont également permis à l’Etat de réaffirmer son autorité sur une grande partie du territoire national.
La séquence qui suivra permettra à la délégation ministérielle du Mali de donner des informations sur l’évolution du processus de transition et d’engager un dialogue constructif avec les membres du GST-Mali. A cette occasion, ma délégation présentera les avancées enregistrées depuis la 2ème rencontre, y compris l’accord trouvé avec la CEDEAO sur le nouveau chronogramme détaillé de la transition. Nous ferons également état des attentes du Gouvernement du Mali pour la mise en œuvre des priorités retenues pour la réussite de la Transition.
Avant de conclure, je salue l’appui de l’Union Africaine qui multiplie les efforts pour que notre pays retrouve sa place, toute sa place, dans le concert des nations. A cet effet, le Gouvernement du Mali demeure convaincu que les avancées indéniables, ainsi que son engagement et sa détermination manifeste à poursuivre cette dynamique positive, plaident incontestablement pour un examen favorable de notre requête en faveur de la levée de la mesure de suspension de mon pays des instances de l’Organisation continentale.
Dans ce contexte, je me félicite de la dynamique positive enclenchée avec la CEDEAO et je saisis cette occasion pour exprimer notre profonde gratitude à la Conférence des Chefs d’Etat et de
Gouvernement de la CEDEAO pour ses efforts ayant abouti à la levée des sanctions économiques et financières contre le Mali. A cet égard, je remercie le Médiateur de la CEDEAO, S.E. Dr Goodluck Ebele JONATHAN, pour son action, sa patience et son approche constructive qui ont abouti à ce résultat. Aussi, j’adresse nos félicitations à la nouvelle Commission de la CEDEAO avec à sa tête le Dr. Omar Alieu TOURAY. Le Mali réitère son entière disponibilité à travailler avec cette équipe.
Je me félicite de la normalisation progressive de nos relations avec notre organisation sous-régionale. Je ne peux cependant passer sous silence les entraves que constitue le maintien des mesures de suspension et les sanctions ciblées contre le Mali. Le Gouvernement du Mali demande la levée de ces mesures afin de favoriser une pleine coopération avec tous les partenaires, indispensable à la conduite sereine du processus de transition.
Pour terminer je renouvelle nos prières ardentes à la mémoire de toutes les victimes de cette crise, civiles comme militaires, étrangères comme maliennes, tombées sur le champ de l’honneur au Mali.
Je vous remercie de votre aimable attention