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Le Mali, prêt à prendre son destin en main ?

©-Newsoftogo-(Mali, le 18 août 2023)-Une journée ensoleillée illumine Bamako, la capitale du Mali ce vendredi 18 août 2023. Fonctionnaires, usagers de la route et commerçants s’adonnent à leurs occupations dans la capitale malienne. A la primature, l’ambiance ne laisse guère présager la venue d’un haut responsable des nations unies. Pourtant, ce jour-là, Jean-Pierre Lacroix a rencontré le Premier ministre malien. Comme indiqué par la primature malienne dans un communiqué, le Secrétaire Général adjoint de l’ONU est venu « poser les bases d’une nouvelle coopération » suite au retrait des Casques bleus du Mali d’ici fin 2023. C’est un reportage réalisé par CBC Azerbaïdjan, Producteur Général Vugar Khalilov.

Ce qui semblait impensable il y a peu est devenu réalité au Sahel. La Mission des Nations Unies au Mali (Minusma), présente depuis 2013, se retire sur demande des nouveaux dirigeants de Bamako, en place depuis 2020.

Que ce soit la Minusma ou Barkhane, les liens se sont distendus entre ce pays et certains de ses anciens alliés. Les relations tendues ont même évolué en une rupture presque totale entre Paris et Bamako.

Dans son allocution à la tribune des Nations-Unies, Dr Choguel Kokalla Maïga n’y est pas allé de main morte. Le premier ministre reprochait à l’Elysée de laisser son pays en plein vol. Cet événement inaugura une série d’événements, dont l’expulsion de l’ambassadeur de France au Mali, Joël Meyer, en 2022, ainsi que l’interdiction des activités des ONG soutenues par la France en réponse à la suspension de l’aide publique au développement à destination du Mali.

L’antipathie envers la France s’accroît. Lors des manifestations, les drapeaux français sont brûlés et, nouvelle tendance, les drapeaux russes sont brandis.

Cependant, ce sentiment au Mali ne date pas d’hier, il plonge ses racines dans une histoire coloniale complexe et s’est renforcé ces derniers mois.

« Le peuple malien est combatif par nature, profondément attaché à sa terre, sa culture et son histoire. La résistance a toujours été farouche, non seulement au Mali, mais dans tous les pays maliens… Mais l’essentiel est que l’esprit nationaliste et patriotique persiste », a expliqué Boubou Doucouré, Expert en communication et écrivain malien.

D’après certains observateurs, la politique française en Afrique, inchangée depuis la fin de la colonisation, est perçue comme un frein au développement des anciennes colonies. L’ancienne puissance coloniale est accusée de manipuler les pouvoirs en Afrique, de maintenir une influence économique via le franc CFA et de favoriser les djihadistes au Sahel.

« Nous ne confondons pas le peuple français avec les dirigeants qui poursuivent un autre agenda, leurs propres projets, souvent en décalage avec leurs déclarations publiques. Ils n’ont jamais annoncé à leur opinion publique, lors de leur intervention en 2013, qu’ils divisaient le Mali pour créer un sanctuaire pour les terroristes », a indiqué Choguel Kokalla Maïga, Premier ministre malien.

Pour éviter de futures incompréhensions, l’armée française affirme être présente « aux côtés des pays africains ».

« Un partenariat équitable doit être imposé par l’Afrique. La France protégera toujours ses intérêts. Elle veillera toujours à ce que ses enfants aient de quoi manger. À nous de faire entendre que nous aussi avons des enfants, que nous possédons des richesses, et que nous avons le droit de profiter des richesses de notre continent », a laissé entendre Tiken Jah Fakoli, artiste chanteur.

Au sein de la population, des voix se lèvent, non seulement dans les manifestations, mais aussi dans une prise de conscience en faveur du changement. L’économie malienne repose principalement sur l’agriculture. Cependant, 80 % de la population active travaille dans ce secteur, représentant 44 % du PIB en 1995 (16 % pour le secteur secondaire et 40 % pour le secteur tertiaire). La production agricole souffre de l’absence d’infrastructures en milieu rural et de rendements limités dus aux fluctuations climatiques.

Oumar Diabaté, Vétérinaire, appelle à revoir le système agricole : échanger les cultures d’exportation contre celles dont la population a besoin.

Yaya Bamoutaga, Directeur Général de Cojuma (une société de production de tomates concentrées), estime que le progrès du Mali et d’autres pays africains passe par l’industrialisation. « Nous devons consommer nos propres produits, transformer nos produits locaux, qui sont plutôt bio… »

Dans le pays de Modibo Keita, les voix se libèrent. La résistance s’organise face au néocolonialisme, et l’envie de leadership fort est palpable. Les nouveaux dirigeants parlent de refondation de l’État pour atteindre le développement.

En attendant, d’autres partenaires espèrent tirer leur épingle du jeu, à commencer par la Russie.

Suivez le reportage vidéo à partir de ce lien, https://www.facebook.com/watch/?v=3524964061075769

E.K

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