
©Newsoftogo-(Lomé, le 10 mai 2024)-Les bienfaits du Projet de filets sociaux et services de base (FSB) sont inexplicables. Akossiwa Akakpo réside à Ognawlou, un village situé à environ 35 kilomètres d’Atakpamé, au sud du Togo. Soucieuse de l’avenir de ses petites-filles, Akossiwa veille à leur scolarisation. Il y a trois ans, cette grand-mère dynamique peinait à subvenir aux besoins de sa famille.
Grâce au FSB, destiné aux populations les plus vulnérables et financé par la Banque mondiale, Akossiwa et plusieurs ménages de son village ont bénéficié de la construction d’un forage et d’un centre communautaire.
Avant la construction du forage, les jeunes filles du village devaient parcourir une heure de marche pour puiser de l’eau au barrage de l’Amou. L’utilisation du nouvel ouvrage a transformé la vie d’Akossiwa et de sa famille, améliorant considérablement leurs conditions de vie.
« Ma petite-fille Dorcas devait aller à la rivière deux fois le matin et deux fois le soir pour fournir de l’eau à la famille. L’eau était infectée de vers et nous rendait malades, mais nous n’avions pas le choix. De plus, elle était souvent en retard à l’école. Maintenant, elle puise l’eau au forage situé au centre du village. L’eau est saine et cela représente un gain de temps considérable. Dorcas peut se consacrer davantage à ses études et suivre une scolarité plus épanouie », témoigne Akossiwa.
Ce forage est une aubaine pour cette localité de 876 habitants, dont 456 femmes, souvent responsables de la collecte de l’eau.
Dans le village, des ménages sélectionnés ont également bénéficié de transferts monétaires pendant deux ans. En tout, 83 ménages, dont 72 femmes bénéficiaires, ont reçu huit tranches de transferts de 15 000 FCFA (25 dollars) par trimestre, pour un total de 120 000 FCFA (200 dollars).
Samuel Kouevi, la quarantaine, a utilisé ces fonds pour développer son activité de maraîchage. « Il y a moins de deux ans, je peinais vraiment à m’occuper des miens car mes revenus étaient insuffisants. En plus de ma femme et de mes quatre enfants, j’ai ma mère à charge, car elle est trop âgée pour travailler. Grâce aux transferts monétaires, mon activité maraîchère a doublé de volume, j’ai augmenté ma production et embauché deux ouvriers agricoles pour m’aider dans mes champs de légumes », explique-t-il.
Les revenus de ces activités ont permis d’améliorer la santé et le bien-être de plusieurs ménages, contribuant ainsi à la réduction de la pauvreté.
Le projet FSB apporte un soulagement significatif aux ménages les plus vulnérables, qu’ils résident en zones rurales ou urbaines. Selon un rapport sur la pauvreté et la situation du genre au Togo, 58,7 % de la population rurale vit dans la pauvreté, contre 34,3 % en zone urbaine.
Une nouvelle phase du projet, financée à hauteur de 18,92 milliards de FCFA (30 millions de dollars) par la Banque mondiale, l’Agence française de développement et l’État togolais, permettra de soutenir 125 000 ménages vulnérables dans les localités reculées et le Grand-Lomé, dont 98 750 en milieu rural et 26 250 en zone urbaine.
En juin 2023, la Banque mondiale a alloué un financement supplémentaire de 100 millions de dollars pour renforcer la protection sociale au Togo. Le nouveau Programme d’Assistance Sociale Transformatrice pour la Résilience au Togo (ASTRE) étendra les transferts monétaires à tous les ménages en situation d’extrême pauvreté identifiés dans le pays. L’accent sera mis sur les femmes pour renforcer leur résilience et briser le cycle intergénérationnel de pauvreté par des investissements dans le capital humain. Le programme vise à permettre à 1,24 million de personnes de sortir de la pauvreté d’ici 2029.
Le projet FSB, en apportant des infrastructures essentielles et des soutiens financiers directs, a transformé la vie de nombreux Togolais comme Akossiwa Akakpo et Samuel Kouevi. La poursuite et l’extension de ces initiatives sont cruciales pour lutter contre la pauvreté et promouvoir le développement durable dans tout le pays.