
©Newsoftogo-(Lomé, le 06 août 2026)-Garantir aux enfants et aux jeunes un environnement numérique sûr, respectueux de leurs droits et adapté aux nouveaux usages des technologies. Tel est l’objectif de la journée scientifique organisée ce jeudi 6 août 2026 à Lomé par l’ONG CREUSET Togo, en partenariat avec l’Association pour la promotion des Droits africains (APPRODAF). Cette rencontre, qui s’inscrit dans le cadre du projet « Space to Lead » porté par Plan International Togo, réunit des représentants des institutions publiques, des universitaires, des experts du numérique, des acteurs du secteur privé et des organisations de la société civile afin d’examiner les défis liés à la protection des mineurs dans l’espace numérique.
Cette initiative intervient dans un contexte où les enfants et les jeunes occupent une place de plus en plus importante dans l’univers numérique. Si Internet constitue aujourd’hui un formidable levier d’apprentissage, de communication et d’épanouissement, il expose également les mineurs à de multiples risques, notamment les atteintes à la vie privée, le cyberharcèlement, les contenus inappropriés, l’exploitation en ligne et l’utilisation abusive des données personnelles.
Mieux protéger les enfants dans un univers numérique en pleine mutation.
Selon le Directeur exécutif de CREUSET Togo, Bruno Moukpè, bien que le Togo dispose désormais d’un cadre juridique en matière de cybersécurité et de protection des données à caractère personnel, plusieurs questions demeurent insuffisamment encadrées, notamment le consentement numérique des mineurs, la responsabilité des plateformes, la diffusion de l’image des enfants sur Internet ainsi que les spécificités du droit du numérique appliqué à l’enfance.
Il a expliqué que cette journée scientifique vise à créer un espace de réflexion scientifique et de dialogue entre les différents acteurs afin de produire des réponses adaptées aux réalités nationales, de renforcer les capacités des professionnels concernés et de promouvoir une meilleure coopération entre les institutions publiques, les universités, les organisations de la société civile et le secteur privé.
Plan International appelle à un numérique plus protecteur
À l’ouverture des travaux, le représentant du Représentant résident de Plan International Togo, Abdoul-Baki Labodja, a insisté sur la nécessité de faire du numérique un espace où les droits des enfants sont pleinement garantis.
Il a rappelé qu’aucune photographie, vidéo ou publication diffusée sur Internet ne devrait porter atteinte à la sécurité, à la dignité ou à l’intégrité des enfants.
Évoquant la politique de sauvegarde de Plan International, il a souligné que l’organisation applique une tolérance zéro face à toute forme de violence, d’exploitation, d’abus ou de négligence, qu’elle survienne dans le monde physique ou numérique.
« Le numérique ne doit jamais devenir un espace où les droits de l’enfant s’effacent », a-t-il déclaré, invitant l’ensemble des parties prenantes à renforcer les dispositifs de protection.
Les pouvoirs publics plaident pour une réponse collective
Procédant à l’ouverture officielle de la rencontre, le Directeur général de la Protection de l’Enfant, Dr Kandale Kondoh, a estimé que les transformations numériques imposent une mobilisation accrue de tous les acteurs.
Il a salué les efforts entrepris par le gouvernement togolais pour renforcer le dispositif juridique et institutionnel destiné à protéger les enfants, tout en reconnaissant que de nombreux défis restent à relever.
Le responsable a appelé les administrations publiques, les universitaires, les entreprises du numérique, les organisations de la société civile, les partenaires techniques et financiers ainsi que les familles à unir leurs efforts afin de construire un environnement numérique plus sûr pour les jeunes générations.
Trois panels au cœur des échanges
Les travaux de cette journée scientifique s’articulent autour de trois panels thématiques destinés à approfondir les principaux enjeux liés à la protection des enfants et des jeunes dans l’espace numérique.
Le premier panel est consacré au cadre juridique, aux droits fondamentaux de l’enfant et à l’autorité parentale face au numérique, avec une réflexion sur l’évolution des droits des mineurs et le rôle des parents dans l’encadrement des usages numériques.
Le deuxième panel porte sur la protection des données personnelles, le phénomène du sharenting et les politiques publiques de gouvernance numérique. Les échanges examinent notamment les enjeux liés à la collecte des données des enfants, au partage de leurs images sur les réseaux sociaux et au renforcement des mécanismes de régulation.
Enfin, le troisième panel aborde les infractions commises en ligne, la délinquance juvénile numérique et les stratégies de protection pénale, en mettant l’accent sur les réponses juridiques et institutionnelles susceptibles de mieux protéger les mineurs face aux nouvelles formes de criminalité numérique.
Soutenue par Plan International Togo et Compassion Togo, cette journée scientifique ambitionne de dégager des recommandations concrètes afin de renforcer durablement la protection des enfants et des jeunes dans l’espace numérique et de promouvoir une gouvernance plus responsable des technologies au service de leurs droits.