
©Newsoftogo-(Lomé, le 21 novembre 2024)-Au Burkina Faso, le gouvernement a décidé de geler les biens et ressources économiques de plus d’une centaine de personnes physiques et morales, accusées de participation ou de financement d’actes terroristes. Cette mesure, d’une durée initiale de six mois renouvelables, a été annoncée dans un arrêté signé par le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubacar Nacanabo.
Parmi les personnes visées figurent des personnalités de premier plan, comme l’ex-président de la transition, Paul-Henri Sandaogo Damiba, les anciens ministres des Affaires étrangères Djibrill Bassolé et Alpha Barry, ainsi que des journalistes et des militaires récemment radiés de l’armée.
Cependant, la liste ne s’arrête pas là. Elle inclut également des individus anonymes, tels que des bergers, maîtres et élèves coraniques, éleveurs, cultivateurs ou commerçants, tant burkinabè que maliens. Tous sont accusés de crimes graves, allant de l’association de malfaiteurs terroristes à la détention illégale d’armes à feu, en passant par l’entraînement au combat ou la complicité d’actes terroristes.
En plus de ce gel des biens, les personnes concernées se voient interdites de voyager durant cette période de six mois. Les autorités précisent que la mesure couvre tout actif pouvant être utilisé pour financer ou faciliter des activités terroristes, conformément à la loi burkinabè.
Cette initiative ne vise pas seulement des individus, mais également deux groupes terroristes : le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et l’État islamique au Grand Sahel (EIGS). Ces organisations sont accusées de semer la terreur dans la région, exacerbant la crise sécuritaire qui secoue le Burkina Faso et le Sahel.
Entrée en vigueur le mardi 19 novembre, cette décision marque une nouvelle étape dans la lutte contre le terrorisme. Reste à savoir si elle produira les effets escomptés pour endiguer les réseaux financiers et logistiques des groupes armés dans le pays.