
©Newsoftogo-(Lomé, le 31 mars 2025)-Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont décidé de mettre en place un droit de douane de 0,5 % sur les produits importés des pays non membres de leur confédération afin de financer les activités de l’Alliance des États du Sahel (AES). Baptisé « prélèvement confédéral AES », ce nouveau dispositif ne s’appliquera toutefois pas aux marchandises en provenance des États de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), dont les trois pays restent membres malgré leur retrait de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en janvier dernier.
Un financement autonome pour l’AES
Signé par le colonel Assimi Goïta, chef de la junte militaire au pouvoir à Bamako et président en exercice de l’AES, le texte officialise la mise en place de cette nouvelle taxe douanière. Celle-ci s’appliquera à toutes les marchandises entrant sur le territoire des trois pays membres, à l’exception des biens en transit, des produits échangés entre États de l’AES et de ceux issus de pays ayant signé un accord douanier avec la confédération.
Dans les faits, cette mesure consiste à rediriger un prélèvement existant. Jusque-là, un droit de douane de 0,5 % était appliqué aux frontières extérieures de la CEDEAO, mais les États de l’AES reversaient cette somme à l’organisation régionale. Désormais, ce montant sera conservé pour financer leur confédération.
Un impact limité sur les consommateurs
Le ministre malien de l’Économie a tenu à rassurer la population sur les effets de cette nouvelle taxe : « Pour les usagers maliens, cette taxe n’impacte pas du tout le coût des denrées importées », a-t-il déclaré.
Toutefois, aucune précision n’a été apportée quant à son application aux produits en provenance de pays comme le Ghana et le Nigeria, qui ne font pas partie de l’UEMOA.
Avec cette initiative, l’AES affirme sa volonté de renforcer son indépendance financière tout en consolidant ses échanges commerciaux internes et avec ses partenaires stratégiques.