
©Newsoftogo-(Tsévié, le 17 août 2020)-Devenu très étroit par rapport à la densité des populations qui le visitent chaque vendredi (jour de son animation), l’ancien marché de Tsévié (ville située à 35 km au nord de Lomé) ne répond plus aux aspirations de ces dernières (vétusté des infrastructures qui datent de l’époque allemande, impraticabilité de certaines allées pendant la saison pluvieuse). Ce marché sous régional (animé par des commerçants venus du Bénin, du Ghana, Burkina-Faso et d’autres villes du Togo), qui pèse lourd dans l’économie locale n’est pas clôturé le rendant ainsi poreux aux voleurs. Pire, ses toilettes sont en de mauvais état et ne sont pas fonctionnelles et manquent des points d’eau. D’où la nécessité aujourd’hui de construire un nouveau marché moderne digne de ce nom, un marché plus attrayant dans lequel l’hygiène est plus sûre. C’est ainsi que sur demande des autorités communales et des commerçants, un nouveau marché moderne, de type régional est en construction au quartier Adiakpo à Gblainviémodji avec l’appui de la Banque allemande de développement (KFW). Démarrés en novembre 2018, les travaux de construction et de réhabilitation des infrastructures du nouveau marché sont à un taux d’avancement de 90,22% à la date du 12 août 2020. Selon les autorités communales, le nouveau marché « sera inauguré d’ici la fin de l’année 2020 ».
D’un coût total de 788.127.025 de francs CFA, le nouveau marché est constitué de quatre (4) grandes halles, quatre (4) moyennes halles, douze (12) boutiques avec des sanitaires, un (1) bloc de latrines, un (1) hangar à charbon, un (1) bâche à eau, un (1) château d’eau, un (1) forage, un (1) bâtiment administratif, un (1) clôture pour tout le marché. Il est également prévu des pavés au sol pour l’assainissement, un (1) dépotoir et l’électrification de tout le marché construit sur 10 hectares (ha) dont 8 ha consacrés aux infrastructures du marché et les 2 ha seront réservés pour la gare routière). Dans le même marché, trente (30) boutiques, dix (10) hangars, neuf (9) magasins et une (1) boucherie seront réhabilités par Togolais tous travaux d’ingénierie (TTTI), l’entreprise adjudicataire des travaux.

Avec le nouveau marché, fini les problèmes
Tout projet de construction d’un marché entend permettre aux détaillants d’augmenter leurs revenus et d’offrir à la clientèle une meilleure qualité de produits à un meilleur prix, dans des lieux plus attrayants où l’hygiène est plus sûre. Même s’il existe de nombreuses distinctions entre un marché rural et un marché urbain, ils ont pourtant l’un et l’autre comme objectifs finaux d’améliorer la distribution et la commercialisation des marchandises, notamment lorsqu’il s’agit de denrées périssables (fruits, légumes, viande, poisson, volaille), et de permettre à tous les sujets concernés par les filières de la commercialisation une meilleure qualité de vie.
A cela s’ajoute une amélioration de ses alentours immédiats; l’amélioration des conditions sanitaires et de l’hygiène des produits frais commercialisés dans l’enceinte du marché et, le cas échéant, amélioration des conditions d’abattage et de sacrifice des animaux. Celui de Tsévié (moderne ou urbain) s’inscrit justement dans cet objectif. Les commerçants et clients peuvent d’ores et déjà se réjouir de la construction du nouveau marché car tous les problèmes auxquels ils font face seront derrière eux.
« L’espace de l’ancien marché devient étroit et ne suffit plus pour accueillir la population. Tous les vendredis, le marché déborde dans les maisons environnantes. En plus de cela, il n’est pas clôturé et est à la merci des voleurs. Les jours de pluies, le marché est pratiquement inondé. Les commerçants et les clients ont leurs pieds dans l’eau or c’est un marché régional. C’est la situation difficile dans laquelle vie la population de Tsévié au quotidien. Mais Dieu merci, un nouveau marché est en construction et ce problème sera bientôt derrière elle », a déclaré Edem Yawa GAMETI, le point focal du PAD, un programme conclu entre la République Fédérale d’Allemagne et le Togo en 2012 à la suite de la reprise de la coopération.
Le même constat est fait par Germaine Afi Manon AHATEFOU. « Nous avons beaucoup de problèmes dans ce marché. Quand tu sens le besoin d’aller aux toilettes, tu es obligé de parcourir de longue distance parce qu’il n’y en a pas suffisamment ici. Notre calvaire, c’est quand il pleut. A cela s’ajoute le problème d’eau. Nous avons même fait des pieds et des mains avant qu’on ne vienne nous installer des lampadaires. Nous n’avons pas encore intégré le nouveau marché mais la joie qui nous anime est immense. Nous avons visité le nouveau et avons constaté qu’il a tenu compte de tous nos problèmes. Il est construit en tel enseigne que nous serons à l’abri lorsqu’il pleut », se réjouit déjà la jeune revendeuse des produits de beauté dans le marché.
Plusieurs commerçants interviewés veulent vite rejoindre le nouveau marché et en finir avec des tas de problèmes auxquels ils font face au jour le jour. Mais il faudra bien prendre soin de ces infrastructures.


A la Commune Zio 1, on est conscient que ces infrastructures bien utilisées permettront de booster les recettes de la commune et par ricochet son budget et améliorer le développement de la collectivité. Et pour y arriver, plusieurs dispositions ont été prises. Il s’agit du « recensement des commerçants » pour une meilleure relocalisation, « le choix du mode de gestion du marché qui est la gestion directe », « l’organisation des corporations et associations du marché », « la prise en compte des désirs des commerçants lors de la conception et de l’exécution des infrastructures », « la prise de délibérations relatives aux taxes municipales » qui seront applicables dans le nouveau marché ».

Pour Mablé MIENSO, la première adjoint au Maire à la Commune Zio 1, une bonne organisation sera mise en place pour garantir une gestion pérenne de ces infrastructures.
Construit pour accueillir 1400 commerçants, le nouveau marché va accueillir plus de 3000 commerçants recensés en 2015. Pour cela, les autorités communales sont en train de prévoir des infrastructures supplémentaires (kiosques, boutiques, espaces aménagés) pouvant abriter la différence des chiffres communiqués.
Par rapport à l’accès au marché, l’Etat togolais avait pris l’engagement auprès de la KFW de réaliser la gare routière et aménager les voies d’accès au marché.
« A ce jour, nous pouvons nous réjouir parce que les études sont bien avancées et les travaux de faisabilité débuteront sous peu. D’ailleurs, la commune est toujours en pourparler avec l’Etat togolais à travers ses différents ministères notamment le ministère de l’Administration territoriale et celui des Travaux publics », rassure Mme Mablé MIENSO.
Il est également prévu des partenariats avec les opérateurs économiques et les cadres de la Commune. Elle dit rester ouverte à l’appui d’autres partenaires techniques et financiers.
Qu’est-ce le PAD
Le PAD est un programme conclu entre la République Fédérale d’Allemagne et le Togo en 2012 à la reprise de la coopération entre les deux (2) pays. Son objectif est de faire des villes secondaires togolaises des pôles de développement économique. Le programme comprend trois (3) composantes à savoir la « construction et la réhabilitation des infrastructures économiques et marchandes », le « renforcement de capacités de l’administration communale et de certains acteurs pertinents en maitrise d’ouvrage » et la « mise en place d’un système de suivi et d’évaluation par les citoyens ».
Lancé officiellement en février 2015, le PAD a commencé avec trois (3) villes pilotes pendant sa première phase (Sokodé, Kpalimé et Tsévié). En 2017, le programme s’est ensuite étendu à cinq (5) autres villes portant le nombre actuel de communes couvertes Kloto 1, Zio 1, Tchaoudjo 1, Lacs 1, Ogou 1, Sotouboua, Kozah 1 et Tone1.
Les parties prenantes du PAD sont l’Etat togolais (à travers les ministères de l’Economie et des finances, de l’Administration territoriale et enfin celui de la Planification du développement), la République allemande (le ministère allemand de la coopération et du développement économique (BMZ) et la Banque allemande de développement (KFW), l’Agetur Togo comme maitre d’ouvrage déléguée, GFA Consulting Group (Assistance technique).
Il faut rappeler que toutes les villes bénéficiaires ont pris des engagements vis-à-vis du programme et du bailleur principal qui est la KFW. Ces engagements varient selon les réalités des villes, certains de ces engagements sont remplis et d’autres attendent encore.
La rédaction