
©Newsoftogo-(Lomé, le 14 janvier 2021)-Au Togo, n’est plus journaliste qui veut. Le nouveau code de la presse et de la communication adopté le 30 décembre 2019 et promulgué le 7 janvier 2020 exige de toute personne désireuse de devenir journaliste de disposer d’au moins une licence ou d’un BTS en journalisme obtenu dans un institut, une école ou un établissement de l’enseignement supérieur ou d’un diplôme équivalent. Le même code prévoit en son article 48, que les conditions de « délivrance », de « renouvellement », de « suspension » ou de « retrait », de la carte de presse des journalistes, techniciens des médias et auxiliaires de presse sont fixées en Conseil des ministres.
Eh bien, c’est désormais chose faite. C’est à la faveur du Conseil des ministres de ce mercredi 13 janvier 2021 sous la présidence de Faure Gnassingbé, Président de la République Togolaise.
Ce projet de décret pris en application de la loi n°02020-001 du 07 janvier 2020 portant code de la presse et de la communication permettra au Togo de disposer d’un cadre réglementaire favorisant un meilleur encadrement de la profession de journaliste. Il régularise également dans l’ordonnancement juridique national la question de l’accréditation des envoyés spéciaux et correspondants permanents de presse en République togolaise.
Faut-il y lire dans ce texte une volonté de priver les journalistes de leur outil de travail ?
Interrogé sur la question, le ministre de la Communication et des médias et porte-parole du gouvernement, répond par « Non ». Dans son explication, Pr Akodah Ayéwouadan indique qu’au fond, ce qui est proposé aujourd’hui, c’est un « cadre réglementaire » cohérent avec le cadre législatif, un cadre qui d’ailleurs est tiré des discussions avec la Haute autorité de l’audiovisuelle et de la communication (HAAC), les ministères et les faitières des journalistes.
« Ce cadre permettra aux professionnels des médias (journalistes, techniciens des médias et auxiliaires de presse) de pouvoir se doter de leur statut et d’exercer leur métier en toute quiétude et sécurité. Avec la carte de presse, les professionnels des médias auront un accès facile aux différentes activités en vue d’avoir des informations de bonne source dans le but d’informer et d’éduquer », précise le communiqué ayant sanctionné le Conseil des ministres.
Pour le ministre, il est tout à fait légitime que dès lors que l’on propose une règle de droit, que des sanctions accompagnent cette règle pour en assurer l’effectivité.
« Tout travail est exercé dans un cadre et à partir du moment où les règles sont connues et c’est l’élément le plus déterminant que nous avons choisi les uns et les autres d’exercer dans ce cadre là, il est légitime que nous puissions nous fixer dans ce cadre », précise Pr Akodah Ayéwouadan et d’ajouter qu’avec ce texte, les journalistes « vont être dotés aujourd’hui d’un cadre qui leur permet d’exercer en toute sécurité et en toute quiétude leur métier ».
Pr Akodah Ayéwouadan pense que le retrait de la carte de presse est certainement la sanction ultime mais il n’est pas excessif selon lui de proposer le retrait de la carte de presse dès lors qu’il est possible de se retrouver face à des situations qui imposent ce retrait.
Le ministre rappelle que la déontologie des journalistes exige un certain nombre de règles.
J. Ahodo