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Secteur informel : la CEA veut relever le défi de la formalisation

©Newsoftogo-(Lomé, le 4 mai 2023)-La contribution du secteur informel au PIB des pays africains (hors Afrique du Nord) est estimé en moyenne entre 40 et 60%. Au Togo, elle représente 80%. Un important vivier d’emplois qui reste et demeure souvent vulnérable en l’absence de sa réglementation et de la protection sociale pour ces travailleurs. Alors comment restructurer et organiser ce secteur en Afrique de l’Ouest pour une meilleure exploitation optimale des opportunités qu’il offre ? La Commission économiques des nations unies pour l’Afrique (CEA) s’active à accompagner les pays à travers des politiques et stratégies clés. Elle a réuni jeudi 4 mai 2023 à Lomé au Togo le groupe d’experts des quinze (15) pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui travaille sur le sujet.

Cette rencontre, placée sous le thème : « le secteur informel en Afrique de l’Ouest : relever le défi de la formalisation pour une meilleure contribution au développement durable et son financement » est ouverte par la ministre togolaise en charge de l’Inclusion financière et de l’organisation du secteur informel, Mazamesso Assih. Objectif, apporter de manière active et ciblée des réponses aux défis et questions émergents de développement durable de la sous-région.

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Cette réunion est la suite logique d’une étude diagnostique approfondie réalisée pour l’ensemble des 15 pays de la CEDEAO dans le secteur informel. Pendant deux (2) jours, les experts après analyse proposerons des réformes et politiques innovantes contextualisés dans le sens de la formalisation et verront quelle orientation donnée recommandée aux Etats membres de cette communauté. Mieux, les travaux permettront de recueillir les contributions des experts pour enrichir les résultats du projet de rapport d’étude qui leur est soumis mais également identifier des stratégies dans la mise en œuvre pragmatique qui permettra une meilleure organisation et modernisation du secteur informel.

« Il se pose des problèmes d’identification, des règlementations de ce secteur. Nous ne faisons pas une focalisation sur l’aspect fiscalisation mais également organisation pour leur permettre d’être plus productif et mieux protégé. Le but est de permettre aux acteurs de ce secteur d’exercer et de bénéficier des fruits de leurs activités. Ce qui va contribuer au développement durable de nos pays au regard de leur importance dans les activités économiques. Mais bien avant, nous les encourageons à avoir des structures, des ministères dédiées à leur organisation », a déclaré, Amadou Diouf, Chef de la section des initiatives sous régionales du Bureau de la CEA pour l’Afrique de l’Ouest.

Dans son intervention, Mme Mazamesso Assih a reconnu l’importance de ce secteur qui constitue selon elle un réel enjeu de développement au regard de la récurrente problématique de sa formalisation, de sa modernisation inscrite dans l’agenda des politiques publiques des pays ouest africain. D’où l’urgence pour elle, de trouver les réponses appropriées pour renforcer les capacités contributives de ce secteur aux budgets nationaux.

La ministre a vanté les avancées significatives réalisées par son pays pour moderniser ce secteur. Entre autres avancées, la création d’une délégation à l’organisation du secteur informel dès 2006 et érigé à partir de 2017 en Secrétariat d’Etat puis en ministère, l’adoption d’une charte des TPME qui a permis de mettre en place une catégorie dédiés aux acteurs de ce secteur et la mise en place d’une politique de protection sociale à travers la couverture maladie universelle pour tous.

Malgré ces avancées, le défi subsiste en matière d’identification et de protection sociale, note Mme Assih qui indique qu’il y a encore des travailleurs informels qui restent en marge des politiques du gouvernement du fait de l’absence d’identité. En ce sens, le Togo a initié le projet d’identification unique qui permettra à tout Togolais de bénéficier leur numéro matricule pour avoir accès aux démarches administratives et d’être reconnus dans sa pleine mesure.

La modernisation et la formalisation du secteur informel permettront également le renforcement de la résilience et de la protection de ses acteurs, hautement vulnérables aux chocs et crises divers. Selon le rapport 2023 e l’OCDE, les défis du secteur informel sont divers, complexes et contextualisés et seraient entre autres dépendants des institutions, des normes, de la culture et du niveau de développement économique des pays.

La réunion de Lomé est la matérialisation par la CEA de la mise en œuvre d’une recommandation clé de la réunion 2021 du Comité intergouvernemental de hauts fonctionnaires et d’experts de l’Afrique de l’Ouest. Une telle recommandation qui cible à terme une prise en compte structuré et organisé du secteur informel dans l’écosystème de production et de financement endogène du développement exige la réalisation d’une étude diagnostique approfondie.

Joseph AHODO

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