
À moins de deux mois des élections générales, le Parlement ghanéen est plongé dans une crise politique majeure. Mardi 22 octobre 2024, l’Assemblée nationale a suspendu ses travaux pour une durée indéterminée, suite à un conflit juridique concernant la décision controversée du président du Parlement de déclarer vacants quatre sièges parlementaires.
La suspension des travaux intervient après une semaine de tensions. La crise a éclaté lorsque quatre députés ont annoncé leur intention de se présenter aux élections générales du 7 décembre prochain en tant qu’indépendants. Parmi les sièges concernés, trois appartenaient au Nouveau Parti Patriotique (NPP), au pouvoir, et un au Congrès national démocratique (NDC), principal parti d’opposition.
Alban Bagbin, président de l’Assemblée, a déclaré vacants les quatre sièges, invoquant une loi ghanéenne interdisant tout changement d’affiliation politique en cours de mandat. Cette décision a provoqué la colère du NPP, qui conteste l’interprétation de la loi. Le parti a porté l’affaire devant la Cour suprême, qui a demandé à Bagbin de suspendre l’application de sa décision une injonction que le président du Parlement n’a pas respectée.
Le NDC, de son côté, soutient que la Cour ne devrait pas s’immiscer dans les affaires parlementaires. Le NPP accuse quant à lui Alban Bagbin, qui est membre du NDC, d’agir de manière partisane.
En effet, la vacance des sièges modifie l’équilibre des forces au Parlement, donnant une majorité à l’opposition avec 136 sièges contre 135 pour le NPP.
Des tensions exacerbées entre le NPP et le NDC
Lors de la séance parlementaire de mardi dernier, les députés du NDC ont profité de ce nouveau rapport de force pour s’asseoir sur les bancs traditionnellement réservés à la majorité, semant la confusion dans l’hémicycle.
Face à cette situation tendue, les députés du NPP ont quitté la salle, rappelant les scènes violentes de 2021 où les échanges entre parlementaires avaient dégénéré en bagarre.
Conscient des risques d’escalade, le président du Parlement a pris la décision de suspendre les travaux. « Vu les circonstances actuelles et les incertitudes concernant la composition de l’Assemblée, je prononce l’ajournement de la Chambre pour une durée indéterminée », a-t-il déclaré.
Des implications économiques majeures
Cette suspension intervient à un moment critique pour le Ghana, qui traverse une grave crise économique. Le blocage parlementaire menace notamment l’adoption de lois essentielles, dont le budget pour 2025.
L’incapacité à adopter ces mesures pourrait avoir des conséquences significatives sur la stabilité économique du pays, exacerbant les difficultés déjà rencontrées par le gouvernement.