
Ayachi Zammel, ancien candidat à l’élection présidentielle du 6 octobre en Tunisie, a écopé de nouvelles peines de prison lundi 21 octobre 2024. Ces condamnations, qui portent à 31 ans la durée totale de sa détention, sont liées à des affaires de parrainages électoraux, accusations que ses avocats contestent vigoureusement.
Le procès d’Ayachi Zammel semble interminable. Cette fois, c’est le tribunal de première instance de Kairouan, situé au centre du pays, qui l’a condamné dans trois affaires distinctes, toutes liées à des irrégularités présumées dans l’obtention des parrainages pour la présidentielle. La nouvelle sentence, d’un an et huit mois de prison pour chacune des affaires, vient s’ajouter à ses précédentes peines, augmentant sa condamnation de cinq ans supplémentaires, selon les déclarations de son avocat.
Ses trois frères, qui avaient activement participé à sa campagne électorale, sont également impliqués dans ces affaires. La justice tunisienne les a condamnés à cinq ans de prison chacun.
Me Abdessatar Messoudi, avocat d’Ayachi Zammel, a précisé que son client doit encore comparaître devant le tribunal de première instance de Manouba, près de Tunis, dans une autre affaire de « falsification de parrainages ». Au total, 37 poursuites distinctes ont été engagées contre l’ancien candidat, réparties dans plusieurs gouvernorats.
Détenu depuis septembre
Ayachi Zammel est incarcéré depuis début septembre, une arrestation qui l’a empêché de mener sa campagne électorale. Lors de l’élection, il n’a recueilli que 7,35 % des suffrages, face à un Kaïs Saïed largement victorieux avec 90,7 % des voix, dans un contexte d’abstention record.
La collecte des parrainages pour participer à l’élection était particulièrement ardue, selon des experts. Les candidats devaient réunir 10 000 signatures d’électeurs, obtenir le parrainage de 10 parlementaires, ou de 40 élus locaux.
L’industriel de 47 ans et ancien député avait été arrêté le 2 septembre, jour même de la validation de sa candidature par l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie). Plusieurs personnalités politiques de gauche, ainsi que des membres de l’ancienne majorité parlementaire, lui ont exprimé leur soutien.
L’Union européenne, pour sa part, avait exprimé ses inquiétudes en septembre, dénonçant « une restriction continue de l’espace démocratique en Tunisie » suite à l’arrestation de Zammel et à l’exclusion par l’Isie de trois autres candidats perçus comme de sérieux rivaux pour le président Saïed.