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Togo : l’Année internationale des agricultrices lancée

©Newsoftogo-(Lomé, le 27 juin 2026)-Le Togo a officiellement lancé, vendredi 27 juin 2026 à Lomé, les activités de l’Année internationale des agricultrices, une initiative qui met en lumière le rôle déterminant des femmes dans le développement agricole et la transformation des systèmes alimentaires. Placée sous le thème « Femmes autonomisées, actrices de la transformation des systèmes agroalimentaires », cette célébration traduit la volonté des autorités togolaises et de leurs partenaires de renforcer l’autonomisation économique des femmes rurales et de promouvoir une agriculture plus inclusive.

 

La cérémonie de lancement a rassemblé plusieurs personnalités du monde agricole et institutionnel, parmi lesquelles le Directeur de cabinet du ministère de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire, Konlani Dindiogue, représentant le ministre, des responsables du Système des Nations Unies, de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), de la Coordination togolaise des organisations paysannes et de producteurs agricoles (CTOP), ainsi que des représentants du ministère de l’Action sociale, de la Solidarité et de la Promotion de la Femme. Des agricultrices venues des cinq régions économiques du pays ont également pris part à cette rencontre.

 

Les femmes, moteur de la production agricole

 

Au Togo, les femmes occupent une place incontournable dans les systèmes agroalimentaires. Elles interviennent aussi bien dans la production des cultures vivrières et maraîchères que dans l’élevage, la transformation, la conservation et la commercialisation des produits agricoles. Leur contribution est essentielle à la sécurité alimentaire des ménages et au dynamisme de l’économie rurale.

 

Malgré cette implication, les agricultrices continuent de faire face à de nombreux obstacles. L’accès limité au foncier, aux financements, aux équipements modernes, aux intrants agricoles et aux services de conseil demeure un frein important à leur épanouissement économique et à l’amélioration de leur productivité.

 

Pour les autorités togolaises, lever ces contraintes constitue désormais une priorité. À l’ouverture de la cérémonie, Konlani Dindiogue a rappelé que soutenir les femmes rurales représente un investissement stratégique pour le développement du pays.

 

« Investir dans les femmes agricultrices n’est pas seulement une exigence de justice sociale, c’est aussi un levier incontournable pour accélérer le développement du secteur agricole et transformer durablement nos systèmes agroalimentaires », a-t-il déclaré.

 

Des réformes pour favoriser l’accès des femmes aux ressources

 

Afin de réduire les inégalités, le gouvernement multiplie les initiatives destinées à améliorer l’accès des femmes aux facteurs de production.

 

Dans les Zones d’Aménagement Agricole Planifiées (ZAAP), des mécanismes spécifiques facilitent leur accès aux terres agricoles, aux semences améliorées, aux engrais, aux équipements ainsi qu’à l’encadrement technique. Les autorités ambitionnent que 40 % au moins des bénéficiaires de ces dispositifs soient des femmes.

 

Cette politique est renforcée par plusieurs programmes d’envergure, notamment le Programme de résilience des systèmes alimentaires en Afrique de l’Ouest (FSRP), le Projet d’appui au mécanisme incitatif de financement agricole (ProMIFA) et le Projet de résilience des marchés agricoles (PRIMA-Togo). Ces initiatives visent à améliorer l’accès des agricultrices aux crédits, aux innovations technologiques, aux formations et aux débouchés commerciaux.

 

Des avancées reconnues, mais des défis à relever

 

Les efforts entrepris par le Togo en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes commencent à porter leurs fruits. Selon le rapport Women, Business and the Law 2024 de la Banque mondiale, le pays se classe premier en Afrique et dix-neuvième au niveau mondial en matière de réformes juridiques favorisant l’égalité des sexes.

 

Toutefois, les défis restent importants, notamment dans le secteur agricole.

 

Le Chargé du bureau de la FAO au Togo, Oyétoundé Djiwa, a rappelé que les femmes représentent près de 40 % de la main-d’œuvre agricole mondiale, tout en demeurant les premières victimes des inégalités d’accès au foncier, aux crédits, aux technologies agricoles, aux intrants de qualité et aux services de vulgarisation.

 

Selon lui, ces disparités ne sont pas une fatalité.

 

« Les inégalités auxquelles sont confrontées les agricultrices peuvent être réduites grâce à des politiques publiques ambitieuses, des investissements ciblés et une participation effective des femmes aux instances de décision. L’Année internationale des agricultrices doit nous permettre de passer de la reconnaissance à l’action », a-t-il souligné.

 

Faire des femmes rurales des actrices majeures de la transformation agricole

 

À travers le lancement de cette Année internationale, le gouvernement togolais entend accélérer la mise en œuvre de politiques favorisant une meilleure inclusion économique des femmes rurales.

 

L’ambition est de créer un environnement où les agricultrices disposent des mêmes opportunités que les hommes pour accéder à la terre, aux financements, aux innovations, aux marchés et aux instances de gouvernance.

 

Pour les partenaires techniques et financiers, cette célébration ne doit pas se limiter à une simple reconnaissance symbolique du rôle des femmes dans l’agriculture. Elle doit déboucher sur des actions concrètes capables de réduire durablement les inégalités et de renforcer leur pouvoir économique.

 

En plaçant les agricultrices au cœur de la transformation des systèmes agroalimentaires, le Togo réaffirme ainsi sa volonté de construire une agriculture plus performante, plus résiliente et plus inclusive, où les femmes contribueront pleinement à la souveraineté alimentaire et au développement durable du pays.

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