
©Newsoftogo-(Lomé, le 05 novembre 2026)-@L’Hôpital Dogta-Lafiè vient de franchir une étape importante dans le développement de la chirurgie spécialisée au Togo. L’établissement a réalisé, le 4 novembre 2026 à Lomé, ses deux premières interventions de chirurgie endoscopique du rachis, une technique mini-invasive qui permet de traiter certaines pathologies de la colonne vertébrale tout en réduisant considérablement les traumatismes opératoires et le temps de récupération des patients.
Cette avancée médicale est le fruit d’une collaboration entre une équipe du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bordeaux, en France, conduite par le professeur Jean-Rodolphe Vignes, et des spécialistes togolais de neurochirurgie, sous la direction du professeur Essossimna Kpelao.
Le choix de l’Hôpital Dogta-Lafiè pour accueillir cette première expérience nationale n’est pas fortuit. Les équipements dont dispose son bloc opératoire ont constitué un atout déterminant pour la réalisation de ces interventions dans des conditions adaptées aux exigences de cette technique chirurgicale. L’établissement devient ainsi le premier site hospitalier au Togo à mettre en œuvre cette approche moderne de prise en charge des affections du rachis.
Pour le professeur Essossimna Kpelao, cette mission représente une occasion majeure de faire évoluer les pratiques neurochirurgicales dans le pays. Il souligne que la chirurgie endoscopique du rachis connaît un développement important à l’échelle internationale, particulièrement en Europe, où les approches mini-invasives occupent une place croissante dans la prise en charge des patients.
« C’est une technique en vogue dans le monde et spécialement en Europe. On veut du mini-invasif pour que le patient retrouve rapidement ses activités professionnelles », explique-t-il.
Une technique moins invasive pour une récupération plus rapide
La chirurgie endoscopique du rachis repose sur l’utilisation d’une caméra miniature, appelée endoscope, ainsi que d’instruments chirurgicaux spécifiques introduits à travers une très petite incision. Cette approche permet au chirurgien d’intervenir avec précision sur certaines lésions de la colonne vertébrale, tout en limitant les atteintes aux tissus environnants.
Elle est notamment indiquée dans le traitement de certaines hernies discales susceptibles de provoquer des douleurs sciatiques, ainsi que de certains rétrécissements du canal lombaire. Ces affections, qui peuvent entraîner des douleurs importantes et des difficultés de mobilité, sont parfois liées au vieillissement et à l’usure progressive des structures de la colonne vertébrale.
L’un des principaux avantages de cette méthode réside dans la réduction de la taille de l’incision. Alors que les techniques conventionnelles nécessitent généralement une ouverture d’au moins cinq centimètres, l’approche endoscopique permet de réaliser l’intervention à travers une incision d’environ un centimètre.
« D’habitude, il faut au moins cinq centimètres d’incision. Ici, on fait à peine un centimètre », précise le professeur Kpelao.
Cette réduction de l’ouverture opératoire permet de préserver davantage les muscles et les tissus situés autour de la zone à traiter. Elle contribue ainsi à diminuer les douleurs après l’intervention, à limiter les traumatismes chirurgicaux et à favoriser une mobilisation plus précoce du patient.
Le changement est également notable dans les suites opératoires. Avec les méthodes classiques, il faut parfois attendre deux à trois jours avant de permettre au patient de se remettre debout, selon son état et les caractéristiques de l’intervention. Grâce à la technique endoscopique, la reprise de la marche peut intervenir beaucoup plus rapidement.
« D’habitude, il faut attendre deux ou trois jours pour mettre un patient debout. Là, il pourra se lever d’ici une heure et marcher », indique le spécialiste.
Le premier patient opéré devrait ainsi pouvoir quitter l’hôpital dès le vendredi 6 novembre, après seulement deux jours d’hospitalisation, sous réserve de l’évolution de son état clinique.
Trois années de coopération entre Lomé et Bordeaux
Cette première réalisation à Dogta-Lafiè s’inscrit dans le prolongement d’un partenariat médical engagé depuis trois ans entre les équipes togolaises de neurochirurgie et leurs homologues du CHU de Bordeaux. La collaboration avait initialement débuté au Centre hospitalier universitaire de Lomé, avant de connaître une nouvelle étape avec l’introduction de la chirurgie endoscopique du rachis dans les installations de Dogta-Lafiè.
Au-delà de la réalisation de ces deux premières opérations, l’ambition est de renforcer progressivement les compétences des spécialistes togolais et d’élargir l’éventail des techniques chirurgicales disponibles dans le pays. L’enjeu consiste notamment à permettre aux patients souffrant de certaines pathologies de la colonne vertébrale d’accéder à des soins spécialisés modernes sans devoir systématiquement se rendre à l’étranger.
Pour le professeur Kpelao et ses collaborateurs, cette innovation ne devrait pas rester limitée à un seul établissement. À terme, l’objectif est de favoriser son déploiement dans les hôpitaux publics, afin que les bénéfices de cette technique puissent profiter au plus grand nombre de patients, indépendamment de leur lieu de résidence ou de leurs moyens financiers.
Vers une extension de la technique au Togo
La mission actuelle constitue donc une première étape dans un processus de transfert de compétences et de modernisation de la prise en charge neurochirurgicale au Togo. Les équipes souhaitent approfondir cette coopération lors des prochaines missions, avec un programme opératoire plus étendu.
Pour la prochaine intervention de l’équipe bordelaise, les spécialistes espèrent notamment disposer d’une semaine entière consacrée à la chirurgie endoscopique du rachis. Une durée plus importante permettrait de prendre en charge un nombre plus élevé de patients, tout en multipliant les occasions de formation pratique pour les professionnels togolais.
À travers cette initiative, Dogta-Lafiè contribue à l’introduction au Togo d’une technique chirurgicale qui privilégie la précision, la réduction des traumatismes opératoires et le rétablissement rapide des patients. Elle illustre également l’importance des partenariats entre établissements de santé et équipes médicales pour favoriser le transfert de savoir-faire et améliorer durablement l’offre de soins spécialisés.
La réalisation de ces deux premières interventions ouvre ainsi une nouvelle perspective pour la neurochirurgie togolaise. Le défi sera désormais de consolider les compétences acquises, de rendre cette technique progressivement accessible dans d’autres structures hospitalières et d’en faire une option thérapeutique durable au bénéfice des populations.
R. A.