
Journée africaine : « Face à ce qu’on appelle arme, il faut sensibiliser, lutter et veiller à ce que notre continent s’en débarrasse », Dr Michel Kodom
©-Newsoftogo-(Lomé, le 27 mai 2020)-Le 25 mai 2020 comme chaque année et ce, depuis 1963 est célébrée la journée de l’Union africaine (UA). Le thème de cette année est de « Faire taire les armes en Afrique : créer les conditions propices au développement de l’Afrique ». Au Togo, la célébration a été marquée par une conférence de presse animée par les premiers responsables des élus du Togo du Conseil économique, social et culturel (ECOSOCC, l’organe de l’UA) au cours de laquelle, ils ont expliqué du fond en comble le rôle qui est le leur dans l’atteinte de cet objectif d’ici la fin de l’année.
Est-il possible de faire taire les armes en Afrique pendant que certains pays africains sont toujours en guerre à l’instar de la Libye ? C’est le souhait le plus ardent de tout le monde et c’est un impératif « catégorique » d’ailleurs. Mais est possible au 31 décembre 2020 ? Ni les gouvernants, ni les membres de la société civile ne peuvent le garantir. Mais les discussions sont en cours pour prolonger la durer de cette intervention de faire taire les armes en Afrique ou pas.
L’avis du Directeur du Partage d’action en synergie pour le développement (PASYD) et Vice-président Afrique de l’ouest de l’ECOSOCC-UA, Francis Komi Akpa, sans que cela ne soit une décision, la prolongation de cette intervention est une « nécessité ».
« Mais nous avons une mission, celle d’informer et sensibiliser le public sur les dispositions pertinentes que l’UA a prises pour faire taire les armes en Afrique. Nous sommes en train de voir concrètement en plus des efforts que les Etats membres dont le Togo sont en train de faire, ce que la société civile sur l’ensemble du continent peut apporter pour accompagner ces efforts. Nous continuons des actions de plaidoyer et de conseil à l’endroit des dirigeants pour qu’ils prennent conscience de la nécessité de mettre en œuvre les traités et conventions internationaux qu’ils ont signé pour faire taire les armes en Afrique », a indiqué M. Francis Komi Akpa.

Pour Docteur Michel Kodom Président de AIMES-AFRIQUE, membre élu de la 2ème Assemblée générale de l’ECOSOCC-UA, Le coronavirus a montré combien les gens vulnérables. Et lorsqu’il s’agit de tirer en l’air, sur un individu ou dans la foule, je ne suis pas sûr qu’un être humain puisse résister.
« Face à ce qu’on appelle arme, il faut sensibiliser, il faut lutter et veiller à ce que notre continent, l’Afrique s’en débarrasse. Une chose est de produire les armes, l’autre chose est d’en acheter. Aujourd’hui, nous avons la lourde responsabilité de sensibiliser la jeunesse africaine à choisir les outils de vie et non les outils de mort. Entre les armes et les cahiers, je pense que les africains doivent opter pour les cahiers », a-t-il laissé entendre.
Pourquoi est-il important de faire taire les armes en Afrique ?
Les peuples africains aspirent profondément à une Afrique intégrée, pacifique et prospère. Les aspirations des peuples africains sont contenues dans l’agenda 2063 de l’Union africaine qui vise à les réaliser…La Conférence des Chefs d’Etats de l’UA a adopté lors du 50ème anniversaire de l’Organisation de l’unité africaine/Union africaine le 25 mai 2013, une déclaration solennelle dans laquelle elle s’est engagée à ne pas léguer le fardeau des conflits à la prochaine génération d’africains et à mettre fin à toutes les guerres en Afrique d’ici 2020. D’ailleurs la conférence des Chefs d’Etats de l’UA lors de sa session ordinaire tenue les 30 et 31 janvier 17 à Addis Abeba en Ethiopie a exprimé de profondes préoccupations concernant la situation inquiétante des armes en Afrique. Ces préoccupations concernent la prolifération et l’utilisation illicites des armes dans diverses parties de l’Afrique. Ces préoccupations concernent la prolifération et l’utilisation illicites des armes dans diverses parties de l’Afrique, les armes causent plusieurs morts, des souffrances immenses, le déplacement de population, la détérioration des moyens de subsistance, la destruction des infrastructures et la perturbation des activités économiques….
A la question de savoir s’il est nécessaire de faire taire les armes en Afrique, Princesse Johnson Kangni, membre élu de la 3ème Assemblée générale de l’ECOSOCC, pense avoir la réponse.
Pour elle, faire taire les armes en Afrique traduit l’engagement de l’Union africaine à arrêter les guerres et la circulation des armes illicites sur le continent africain. « Il s’agit de réer les conditions de paix nécessaire au succès durable du développement en Afrique. Les questions de paix, de sécurité et de stabilité en Afrique ne concernent pas exclusivement les gouvernements mais l’ensemble de la société. L’efficacité de la feuille de route sur le silence des armes, nécessite son approbation par l’ensemble des composantes de société », a-t-elle précisé.
Pour rappel, organe consultatif de l’UA, l’ECOSOCC est composé des représentants de la société civile des pays membres. La journée africaine est non seulement une occasion pour se rappeler de la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1963 devenue UA en 2002 mais aussi l’opportunité de mener des plaidoyers auprès des uns et des autres, histoire d’aboutir à une Afrique intégrée, unie et prospère.