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Kodzo Agadji, ou le chef qu’il faut pour Hédzranawoé 1

©Newsoftogo-(Lomé, le 30 octobre 2020)-Le 23 octobre 2019, le chef quartier de Hédzranawoé 1 dans la commune Golfe 2 a tiré sa révérence. Un (1) an après la mort de Kossi Apélété Agadji Agbossé, comment est géré sa succession ? La rédaction www.newsoftogo.info s’est rendue dans la famille royale pour en savoir davantage. Un cas type pour montrer comment les communautés se battent au Togo comme ailleurs en Afrique pour préserver et sauvegarder la « chefferie », gage de protection de valeurs ancestrales identitaires.

Depuis la disparition de celui qu’il convient d’appeler désormais feu Kossi Apélété Agadji Agbossé II, c’est son frère Kodzo Agadji qui a été choisi (par sa famille et appuyé par le conseil de trône ainsi que celui coutumier) pour le succéder comme l’exige la coutume surtout au Sud du Togo. Contrairement au passé où le chef est aussitôt remplacé après sa mort, le prétendant va suivre tout un processus et attend impatiemment le décret du ministère de l’Administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales. Mais en attendant sa reconnaissance officielle, l’ancien militaire mesure d’ores et déjà la tâche qui l’attend, tâche qu’il fait déjà avec « assiduité et « rigueur ».

Pour avoir servi pendant longtemps aux côtés de son frère défunt Kossi Apélété Agadji Agbossé II, le militaire retraité « veut continuer » le travail qu’il a abattu durant les quarante-cinq (45) ans de son règne ou dit-il, « faire mieux que lui ».

Importance de la « chefferie » traditionnelle

Souvent décriée comme étant d’un autre âge et pour sa discrimination à l’égard des femmes, la chefferie traditionnelle joue un rôle majeur en Afrique. De par sa proximité des populations, les chefs traditionnels ont un fort impact sur la cohésion sociale, nommant à travers la médiation traditionnelle. Dépositaires de nos valeurs endogènes, ils sont les yeux et les oreilles des populations à la base. En parfaite collaboration avec les chefs de canton et les élus locaux, ils gèrent les litiges et il n’est pas rares de voir dans ces communautés les tribunaux coutumiers s’animer avec tant de ferveur encore de nos jours, malgré les structures de la justice moderne qui cohabitent avec celle-ci.

Kodzo Agadji, ou le chef qu’il faut pour Hédranawoé 1

Un homme, une vision qui, avec ses expériences dans le domaine pour avoir servi aux côtés de son frère défunt durant de longues années, le prétendant au trône royal  ne fait pas dans le hasard et est parfaitement conscient de ses actes. C’est du moins ce qui laisse entrevoir Agadji Kodzo. Rigoureux, bosseur, consciencieux et l’amour du travail bien fait sont entre autres les qualités reconnues à l’homme par certains membres de sa famille.

Agadji Kodzo dit être préoccupé par certaines difficultés auxquelles sont confrontées les populations de Hédranawoé 1. Il s’agit de l’insalubrité et de l’inondation qui survient dans sa zone. En collaboration avec sa population et les forces de l’ordre et de sécurité, l’actuel régent veut mener un rude combat contre l’insécurité. Il veut aussi décourager les voleurs dans cette localité riveraine du grand Hédzranawoé.

Et conscient que, c’est une tâche qui incombe tous, Agadji Kodzo développe d’ores et déjà, de bonnes relations avec les élus locaux, le Comité de développement de quartier (CDQ).

Le règne du prochain chef quartier Agadji Kodzo sera également consacré aux solutions des problèmes des litiges quand on sait plus de 90% des problèmes devant les juridictions togolaises sont ceux des doubles ou triples ventes.

Le futur chef quartier veut être à l’écoute de sa population.

Il faut rappeler que le quartier Hédranawoé est fondé par M. Adoubou vers 1700. Il a acquis plusieurs terrains dans le quartier. Son premier fils Agadji mettra lui aussi à son tour deux (2) fils, Agbo et Agbossè. Le premier meurt très tôt et il ne va rester que Agbossè qui accompagne son père s’installer à Hédranawoé. Agbossè fait plus tard cinq (5) garçons. Et c’est parmi les cinq (5) garçons que l’actuelle génération est sortie. La collectivité Adoubou fût de grands joueurs de tam-tam au quartier Bè. Elle a dû quitter à la suite d’un problème Bè pour fonder l’actuel Hédranawoé, un quartier de lutte, selon les explications du prochain chef. Depuis leur nouveau quartier, les aïeux de M. Kodzo Agadji attendirent de pied ferme leurs adversaires, d’où le nom de ce quartier qui est décomposé comme suit : (l’oiseau), Dzrana (qui va oser) Woé (s’approcher d’eux).

Le premier régent du quartier Hédranawoé 1 a pour nom  Togbui Apélété Agbossè Agadji. Celui-ci va régner pendant plusieurs années jusqu’à sa mort sans être reconnu par l’Etat. A la mort de celui-ci, feu chef Kossi Apélété Agadji Agbossé II prend le trône. Il règne trente (30) ans avant de recevoir le décret. Après sa reconnaissance officielle, il va encore diriger le quartier pendant quinze (15) ans.

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