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La théorie des 3D du Pr Dodzi Komla Kokoroko pour lutter contre la corruption

©Newsoftogo-(Lomé, le 15 décembre 2020)-Malgré la mise en œuvre il y a une décennie de la réforme des marchés publics au sein de l’UEMOA pour assainir et rendre plus performant le système de passation des marchés publics, la corruption demeure le sport favori dans ce secteur. Comment faire pour venir à bout de la corruption, si non minimiser son impact ? D’éminents universitaires et professionnels de la commande publique venus de par le monde entier ont réfléchi mardi 15 décembre 2020 à Lomé à ce sujet qui constitue bien évidemment une menace grave au développement des pays surtout africains.

C’est à la faveur d’un colloque international de Lomé placé sous le thème : « Lutte contre la corruption, éthique et déontologie dans la commande publique », co-organisé par l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP) et le Centre de droit public de l’Université de Lomé.

Les travaux ont été ouverts par le Président de l’Université de Lomé, Pr Dodzi Komla Kokoroko, en présence du ministre chargé de la Communication et des médias, Pr Akodah Ayewouadan et de son collègue des Sport et des loisirs, Lidi Bessi-Kama.

« Le colloque ambitionne de vulgariser les dispositifs normatifs de promotion de l’éthique et de lutte contre la corruption à l’endroit des acteurs et du public cible. L’autre objectif est qu’il se propose d’analyser les spécificités des dispositifs de promotion et l’éthique et de lutte anti-corruption des États de l’UEMOA ainsi que l’efficacité de leur mise en œuvre à la lumière des standards optimaux et efficients en matière de gestion de la commande publique », a indiqué le Directeur Général de l’ARMP, Touré Aftar Morou.

Il a par ailleurs rappelé les efforts du gouvernement togolais dans la lutte contre ce fléau notamment la transposition au Togo des directives n°04 et n°05 du 9 décembre 2005 de l’UEMOA à partir de 2009 à travers la loi n°2009-013 du 30 juin 2009 et de ses textes d’application, la création d’une direction nationale chargée du contrôle de la régularité des procédures de passation et l’Autorité de régulation des marchés publics, l’adoption d’un décret portant code d’éthique et de déontologie dans la commande publique, l’adoption du nouveau code pénal dont les titres IV et IX incriminent l’es actes de corruption et la création de la Haute autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA).

En Afrique, la passation des marchés représente une part très importante des dépenses publiques. L’activité est représente entre 5 et 10% du PIB et entre 20 et 40% des budgets nationaux. Les marchés publics mobilisent une part importante des deniers publics et les contribuables s’attendent à ce qu’ils soient gérés dans la transparence et dans le respect des exigences les plus strictes afin de garantir une qualité de service irréprochable et de préserver l’intérêt général. Mais tel n’est souvent malheureusement pas le cas.

L’autre défi pour les États de l’UEMOA est d’exiger un niveau élevé d’intégrité de la part de tous les acteurs du cycle la passation des marchés publics et assurer la visibilité des flux financiers publics du début du processus de budgétisation jusqu’à la passation.

« Le poid de la commande publique dans nos économies fragiles et émergentes fait de la lutte contre la corruption et de l’éthique des sujets de préoccupation managériale et citoyenne. Il y a un tissu normatif impressionnant qui encadre le droit de la commande publique et ce tissu a révélé ses limites à travers les lois », a reconnu le Président de l’Université de Lomé.

Pour lutter contre la corruption, Pr Dodzi Komla Kokoroko ne voit qu’une seule solution. Il invite les acteurs à aller vers des actions plus fortes en mettant en application la théorie des 3D des spécialistes c’est-à-dire « Détecter », « Déclarer », « Dénoncer » qui structure selon lui, la moralisation de la vie publique et l’intégrité de la vie économique des pays de l’UEMOA.

Trois panels ont été développés au cours de cette rencontre de haut niveau. Il s’agit du « dispositif normatif de lutte contre la corruption dans la commande publique », de la « corruption dans la commande publique : acteurs et mécanismes » et enfin la « répression de la corruption dans la commande publique ».

Il faut rappeler que la leçon inaugurale a été prononcée par le ministre de la Fonction publique du Burkina-Faso, Seni Mahamadou Oudraogo.

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