
©Newsoftogo-(Lomé, le 14 mars 2025)-En République démocratique du Congo, cinq généraux de l’armée et de la police comparaissent dès ce jeudi devant la Haute Cour militaire à Kinshasa. Ils sont accusés d’avoir fui lors de l’avancée des rebelles du M23/AFC sur Goma, abandonnant leurs troupes et violant ainsi les consignes du président Félix Tshisekedi.
Une fuite aux lourdes conséquences
Les prévenus incluent l’ex-gouverneur intérimaire du Nord-Kivu, deux hauts responsables militaires et policiers, ainsi qu’un commandant d’unité et un conseiller militaire. Tous étaient en poste à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, au moment des faits. Ils sont poursuivis pour lâcheté, violation des consignes et perte de munitions, notamment la disparition de cinq chars T55, selon une pièce du dossier consultée par RFI.
Lors de l’audience d’ouverture, les généraux ont été présentés en uniforme, affichant leurs galons. Tous sont passés par de grandes écoles militaires, certains ayant même reçu une formation en Europe. Ils sont accusés d’avoir quitté Goma à bord d’un bateau privé, laissant la ville sans commandement au moment critique.
Un procès sous haute tension
L’audience s’est déroulée en présence du ministre de la Justice, initiateur de la mise en accusation. Le procureur général de l’armée, insistant sur la gravité des faits, a exprimé le souhait de limiter la médiatisation du procès. Un huis clos pourrait être décrété dès la prochaine audience, prévue le 20 mars 2025.
Les généraux encourent la peine de mort, mais leurs avocats restent confiants. Maître Chicha Bokolombe affirme que les accusations ne reposent sur aucun élément probant et dénonce des arrestations arbitraires. Il espère que la Haute Cour militaire « rendra une justice équitable et innocentera ces officiers encore loyaux à la République ».
Des conditions de détention critiquées
Actuellement détenus à Ndolo, la plus grande prison militaire du pays, les accusés vivent dans des conditions dénoncées par leurs avocats. Ces derniers ont demandé une liberté contrôlée ou une résidence surveillée, une requête restée sans réponse de la part de l’auditorat général.
Ce procès, qui marque un tournant dans la gestion de la discipline militaire en RDC, met en lumière les failles du commandement face aux offensives rebelles et pourrait redéfinir la gestion des crises sécuritaires dans l’est du pays.