
©Newsoftogo-(Lomé, le 24 décembre 2025)-Avec un taux de guérison avoisinant les 95 %, l’un des meilleurs enregistrés dans la sous-région ouest-africaine, l’Hôpital de Référence Dogta Lafiè confirme, en 2025, sa montée en puissance et son positionnement parmi les établissements sanitaires les plus performants du continent. Au-delà des chiffres, cette performance traduit la qualité du plateau technique, la compétence des équipes médicales et la pertinence des choix stratégiques opérés par la direction de l’hôpital. Dans un contexte marqué par l’extension des infrastructures, l’introduction de technologies médicales de pointe dans la lutte contre le cancer, l’ouverture de l’annexe de Kara et un rayonnement désormais continental, le Médecin Lieutenant-Colonel AKATA Eyouvéi, Directeur Général de l’Hôpital Dogta Lafiè, livre dans cet entretien un éclairage approfondi sur le bilan 2025, les défis persistants et les ambitions majeures qui façonneront l’année 2026.
À l’approche de la fin de l’année 2025, l’Hôpital de Référence Dogta Lafiè dresse le bilan d’une période marquée par d’importantes mutations. Extension géographique, innovations technologiques majeures dans la lutte contre le cancer, rayonnement international et nouvelles ambitions pour 2026 : l’institution hospitalière a connu une dynamique sans précédent.
Dans cet entretien exclusif, le Médecin Lieutenant-Colonel AKATA Eyouvéi, Directeur Général de l’Hôpital Dogta Lafiè, revient en détail sur ces avancées, répond aux critiques et expose, avec clarté et conviction, les perspectives qui dessinent l’avenir de l’établissement.
Bonjour Monsieur le Directeur Général. L’année 2025 a été particulièrement riche pour l’Hôpital Dogta Lafiè. Parmi les faits marquants figure l’ouverture d’une annexe à Kara en début d’année. Qu’est-ce qui a motivé cette décision ?
Médecin Lt-Col. AKATA :
Je vous remercie pour cette opportunité qui nous permet de faire le point sur nos actions en cette fin d’année. L’ouverture de l’annexe de Kara, le 24 janvier 2025, répond à une volonté claire des autorités compétentes et des promoteurs : offrir aux populations du septentrion, en particulier celles de la région de la Kara, un accès à des soins de qualité équivalente à ceux proposés à Lomé.
Il ne s’agissait pas simplement de créer une structure de proximité, mais bien de mettre en place un établissement complet, fonctionnel et performant, une déclinaison fidèle de notre hôpital de référence. À cet effet, nous avons doté l’annexe d’un laboratoire moderne, d’un service d’imagerie performant, indispensables à l’établissement de diagnostics fiables.
Nous avons également ouvert un service de dialyse, répondant à un besoin crucial, car jusqu’alors, les patients du Nord devaient se rendre à Lomé pour bénéficier de ces soins. À cela s’ajoutent un service d’ophtalmologie équipé de technologies de pointe, un service de stomatologie, ainsi que l’ouverture prochaine d’un nouveau service spécialisé. L’ensemble vise à offrir un plateau technique complet et de haut niveau à Kara.
L’hôpital s’est illustré cette année par des avancées majeures dans la lutte contre le cancer, notamment avec l’introduction du Focal One. Quel a été l’impact réel de cette innovation pour le Togo ?
Médecin Lt-Col. AKATA :
Il convient de saluer la vision des premiers responsables, en particulier celle du Conseil d’administration et de son Président, qui ont porté ce projet dès sa conception. Grâce à l’engagement constant de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, aucun effort n’a été ménagé pour doter l’hôpital d’infrastructures conformes aux standards internationaux.
La lutte contre le cancer constitue l’un de nos axes stratégiques majeurs. Nous participons activement aux campagnes Octobre Rose et Novembre Bleu, afin de promouvoir la prévention et le dépistage précoce. Toutefois, nous avons souhaité aller au-delà.
Lors d’un salon médical en France, l’un de nos promoteurs a découvert le Focal One, une technologie de pointe encore peu répandue. Après évaluation, nous avons décidé de l’introduire au Togo. Cet oncographe de haute précision permet un diagnostic très précoce du cancer de la prostate. Couplé à l’Exavue, il offre une prise en charge thérapeutique radicale et efficace.
Nous sommes fiers d’être les premiers dans la sous-région à disposer de cet équipement, ce qui constitue une avancée majeure pour le système de santé togolais.
Vous avez également organisé les premières Journées Médicales de l’hôpital. Quels en étaient les objectifs et quels résultats en tirez-vous ?
Médecin Lt-Col. AKATA :
Après deux années d’activité, nous avons estimé qu’il était indispensable de créer un cadre d’échanges scientifiques et professionnels. Ces Journées Médicales avaient trois objectifs principaux : renforcer le réseau entre praticiens nationaux et internationaux, valoriser la recherche médicale locale et sensibiliser les populations à la prévention.
Nous avons accueilli des médecins venus de tout le Togo et de l’étranger. Les échanges ont été riches, les thématiques pertinentes, et les actions de dépistage et d’éducation sanitaire ont connu un réel succès. Les résultats obtenus ont pleinement répondu à nos attentes.
L’Hôpital Dogta Lafiè a également marqué sa présence au 2ᵉ Congrès Africain de la Santé. Quelle a été l’importance de cette participation ?
Médecin Lt-Col. AKATA :
Il est essentiel de communiquer sur ses compétences. Nous disposons d’un plateau technique moderne et d’un savoir-faire avéré. Participer à ce congrès, notamment à N’Djamena, visait à démontrer que les Africains peuvent désormais se soigner sur le continent, sans recourir systématiquement à l’étranger.
L’accueil réservé à notre présentation a été très encourageant. Cette visibilité internationale, renforcée par notre participation à d’autres congrès, notamment à Abidjan, confirme que Dogta Lafiè se positionne désormais à un niveau élevé sur l’échiquier sanitaire africain.
Malgré ces avancées, certaines critiques persistent, notamment sur le coût des soins. Comment y répondez-vous ?
Médecin Lt-Col. AKATA :
Il est vrai que certains coûts peuvent paraître élevés. Nous travaillons d’ailleurs à une révision progressive de notre grille tarifaire. Toutefois, il faut rappeler que Dogta Lafiè est un établissement privé, porté par la CNSS mais fonctionnant sans subventions publiques.
Nous devons assurer le paiement des salaires, la maintenance d’équipements de pointe, l’hygiène hospitalière et la sécurité des patients. Nos tarifs doivent donc être comparés à ceux des autres établissements privés, et non au secteur public.
Quant aux rumeurs, notamment celles relatives à la mortalité, elles ne résistent pas à l’analyse des chiffres. Notre taux de mortalité avoisine les 2 %, avec un taux de guérison proche de 95 %, l’un des meilleurs de la sous-région. Comme le disait Hippocrate : guérir parfois, soulager souvent, consoler toujours. C’est cette philosophie qui guide notre action.
Quelles sont les grandes perspectives pour l’année 2026 ?
Médecin Lt-Col. AKATA :
Trois projets majeurs structureront l’année 2026. D’abord, l’ouverture du pavillon de cancérologie, qui proposera chimiothérapie, radiothérapie, immunothérapie et médecine nucléaire, avec des spécialistes expérimentés.
Ensuite, l’inauguration de l’annexe de Blitta, prévue avant la fin du premier semestre 2026. Enfin, le lancement des travaux de l’annexe de Dapaong, afin d’offrir aux populations de l’extrême Nord un accès équitable à des soins de qualité.
Pour conclure, avez-vous un message à adresser aux populations togolaises en cette fin d’année ?
Médecin Lt-Col. AKATA :
Dogta Lafiè est bien plus qu’un hôpital. C’est un projet de société qui place la santé au cœur du développement. En cette fin d’année, je souhaite à tous nos patients, partenaires et collaborateurs une année 2026 placée sous le signe de la santé, de l’innovation et de la solidarité. Notre engagement demeure total pour offrir des soins de qualité et un accompagnement humain et digne à chaque patient.