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OTR : Yawa Tsegan face à l’objectif de 1 338 milliards FCFA en 2026

©Newsoftoftogo-(Lomé, le 21 janvier 2026)-Nommée le 24 octobre 2025 au poste de commissaire générale de l’Office togolais des recettes (OTR), Yawa Tsegan a succédé à Philippe Kokou Tchodiè à la tête de l’institution chargée de la mobilisation des ressources fiscales et douanières de l’État. En 2026, la nouvelle patronne de l’OTR est confrontée à un défi de taille, celle de mobiliser 1 338 milliards de FCFA pour le compte du Trésor public, dans un contexte économique marqué à la fois par des exigences budgétaires accrues et une pression constante sur les acteurs économiques.

Cette ambition financière, l’une des plus élevées jamais assignées à l’OTR, place Yawa Tsegan au cœur de la stratégie de financement des politiques publiques du Togo.

Un objectif budgétaire ambitieux dans un contexte exigeant

L’enveloppe de 1 338 milliards de FCFA fixée pour l’exercice 2026 traduit la volonté des autorités togolaises de renforcer l’autonomie financière de l’État et de réduire progressivement la dépendance aux financements extérieurs. Elle repose essentiellement sur l’amélioration du rendement fiscal, la sécurisation des recettes douanières et l’élargissement de l’assiette fiscale.

Toutefois, cette ambition se heurte à plusieurs contraintes structurelles : la persistance du secteur informel, la fragilité de certaines entreprises face à la conjoncture économique, la fraude et l’évasion fiscales, ainsi que les attentes sociales en matière d’équité et de justice fiscale. La capacité de l’OTR à concilier performance budgétaire et acceptabilité fiscale sera donc déterminante.

Modernisation, digitalisation et efficacité opérationnelle

Parmi les premiers chantiers qui attendent Yawa Tsegan figure la poursuite de la modernisation de l’administration fiscale et douanière. La digitalisation des procédures, amorcée ces dernières années, devra être consolidée afin de réduire les délais, limiter les contacts directs entre agents et usagers, et renforcer la transparence.

La lutte contre la fraude, notamment aux frontières et dans les grands centres économiques, demeure également un enjeu central. Elle suppose un meilleur usage des outils technologiques, un renforcement de la coopération interservices et une exploitation plus fine des données fiscales.

À cela s’ajoute la nécessité d’améliorer la qualité du service aux contribuables, afin de renforcer le civisme fiscal. Une administration perçue comme efficace, équitable et prévisible est un levier essentiel pour accroître volontairement le niveau de conformité fiscale.

Capital humain et gouvernance interne

La réussite de la mission assignée à la commissaire générale dépendra aussi de sa capacité à mobiliser les ressources humaines de l’OTR. Dans une institution comptant plusieurs milliers d’agents, la question de la discipline, de la formation continue et de la motivation du personnel reste cruciale.

Yawa Tsegan devra également veiller à maintenir une gouvernance interne rigoureuse, fondée sur l’éthique, la redevabilité et la performance. La consolidation des mécanismes de contrôle interne et la prévention des pratiques déviantes constituent des impératifs pour préserver la crédibilité de l’OTR.

Un parcours qui plaide en sa faveur

Si les défis sont nombreux, le parcours professionnel de Yawa Tsegan plaide en faveur d’un leadership capable de répondre aux attentes. Fin connaisseuse des rouages de l’administration fiscale, elle s’est illustrée au fil des années par sa rigueur, sa maîtrise des questions de mobilisation des ressources et sa capacité à conduire des réformes techniques dans un environnement institutionnel exigeant.

Sa nomination s’inscrit dans une logique de continuité, mais aussi de renouveau, avec l’espoir d’insuffler une dynamique managériale adaptée aux nouveaux enjeux économiques et financiers du pays.

Un test décisif pour l’OTR et pour l’État

L’année 2026 s’annonce ainsi comme un véritable test, tant pour Yawa Tsegan que pour l’Office togolais des recettes. Atteindre l’objectif de 1 338 milliards de FCFA nécessitera une combinaison de rigueur administrative, d’innovation, de dialogue avec les contribuables et de fermeté face aux comportements frauduleux.

Au-delà des chiffres, c’est la capacité de l’OTR à accompagner le développement économique tout en assurant un financement durable de l’action publique qui sera jugée.

Pour la commissaire générale, l’enjeu est clair : transformer cette lourde responsabilité en opportunité de consolidation durable des finances publiques togolaises.

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