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Adossa-Gadao 2026 : le patrimoine Tem au cœur du développement et de la cohésion sociale

©Newsoftogo-(Sokodé, le 10 janvier 2026)-Les filles et fils de la préfecture de Tchaoudjo ont célébré, ce vendredi 10 janvier 2026 à Sokodé, l’édition 2026 de leur fête traditionnelle Adossa-Gadao, dans une atmosphère de ferveur culturelle et de forte mobilisation populaire. La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre-conseiller à la Présidence du Conseil, M. Pascal Akoussoulèlou Bodjona, représentant personnel du Président du Conseil, entouré de membres du gouvernement, de députés, de sénateurs, de gouverneurs, de maires, de cadres de la préfecture, ainsi que des autorités traditionnelles et religieuses.

Placée sous le thème « Patrimoine culturel Tem, levier de développement et de cohésion sociale », cette édition a mis en lumière la richesse de l’héritage culturel Tem et son rôle fondamental dans la consolidation du vivre-ensemble et la promotion d’un développement durable au sein des communautés.

Adossa-Gadao, une fête à la croisée de l’histoire et de la spiritualité

La fête Adossa-Gadao est issue de la fusion de deux célébrations communautaires majeures du peuple Tem. Gadao, d’abord, est la fête des moissons. Elle puise ses racines dans l’épopée des peuples Gourma, installés depuis le XVIIᵉ siècle dans les montagnes de l’Atakora avant de fonder le village de Tabalo. Assimilés linguistiquement aux autochtones, ces peuples donnèrent naissance au clan Mola, avant de s’étendre dans la plaine et de fonder plusieurs villages, notamment Kpangalam, Tchavadi, Kadambara, Kparatao, Yélivo, Bruni, Dibouidè, ainsi que Kigbafilo et Daoudè plus au nord.

Selon la tradition, Gadao, patriarche et ancêtre des Mola, aurait disparu de manière mystérieuse après avoir annoncé à ses fils son départ vers l’au-delà. Il se serait alors enfoncé dans la terre, laissant derrière lui uniquement son chapeau royal, sauvé grâce à l’alerte de sa dernière épouse du clan Daro. Le lieu de cette disparition est devenu un point d’eau intarissable, utilisé jusqu’à ce jour pour les rites d’intronisation des chefs supérieurs (Ouro-Esso), afin qu’ils bénéficient symboliquement des pouvoirs du patriarche. Chaque année, cette commémoration rend hommage à Gadao et exprime la reconnaissance à Dieu pour les récoltes abondantes.

Adossa, quant à elle, est connue comme la célèbre danse des couteaux. Elle se déroule durant le troisième mois lunaire islamique, appelé « Gaani », période de réjouissance marquant l’anniversaire de la naissance du prophète Mahomet (SAW). Selon l’histoire religieuse, la danse avec les sabres et couteaux serait née d’un mouvement de bravoure et de protestation des musulmans arabes, suite à la naissance du prophète hors des attentes juives et israéliennes. Introduite à Tchaoudjo par les familles Touré et Traoré venues du Mali, cette tradition est devenue un marqueur identitaire fort du peuple Tem.

La culture, un pilier du développement selon le gouvernement

Prenant la parole à cette occasion, le ministre-conseiller Pascal Akoussoulèlou Bodjona a souligné la portée stratégique du thème retenu.

« Un peuple qui oublie sa culture se fatigue à chercher son avenir », a-t-il affirmé, rappelant que la culture n’est pas un concept abstrait, mais une réalité vivante qui s’exprime à travers les langues, les rites, les chants, les tissus et les modes de régulation sociale.

Pour le représentant du Président du Conseil, préserver la culture, c’est préserver l’équilibre social ; la valoriser, c’est créer des opportunités économiques ; et la transmettre, c’est garantir la paix de demain. Il a salué un thème qui appelle non seulement à la sauvegarde de l’héritage culturel Tem, mais aussi à son exploitation responsable au service du développement durable.

Insistant sur le fait que le développement ne se décrète pas, mais se construit sur des valeurs solides, le ministre Bodjona a exhorté les populations de Tchaoudjo à cultiver en permanence la tolérance, l’entraide et la solidarité, conditions essentielles à une paix durable et à un progrès harmonieux.

Un héritage à transmettre aux générations futures

Le président du comité d’organisation, M. Agrignan Yérima, a, pour sa part, exprimé sa gratitude au Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, pour avoir fait de la culture togolaise un véritable levier de valorisation des talents et de développement national.

Selon lui, la fête Adossa-Gadao constitue un héritage précieux légué par les générations passées, que les générations actuelles ont le devoir de transmettre, intact ou enrichi, aux générations futures.

« Elle demeure un important vecteur de notre culture, le reflet de notre histoire, de nos valeurs, de nos croyances et de nos traditions », a-t-il souligné.

M. Yérima a également rappelé que le patrimoine Tem ne se limite pas aux monuments ou aux objets conservés dans les musées, mais englobe aussi les expressions vivantes telles que la tradition orale, les arts du spectacle, les pratiques sociales, les rites et les événements festifs.

Comparant l’identité d’un peuple aux racines d’un arbre, il a invité les filles et fils de Tchaoudjo à réaffirmer leur identité partout où ils se trouvent.

« Un arbre sans racines finit par tomber sous le poids du vent. Soyons, en tout temps et en tout lieu, les acteurs dignes de notre propre culture », a-t-il lancé.

À travers cette édition 2026, Adossa-Gadao s’est une fois de plus affirmée comme un puissant symbole d’unité, de mémoire collective et d’espoir, rappelant que le patrimoine culturel Tem demeure un socle incontournable pour la cohésion sociale et le développement de la préfecture de Tchaoudjo.

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