
©Newsoftogo-(Lomé, le 20 janvier 2026)-Un nouveau rebondissement majeur vient clore un épisode sensible de l’actualité politique et sécuritaire du Burkina Faso. Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, ancien président de la Transition burkinabè, a été arrêté à Lomé puis expulsé du Togo, où il vivait en exil depuis octobre 2022. L’information est donnée par nos confrères de la Radio France internationale (RFI) et plusieurs journaux burkinabès. Cette opération intervient dans un contexte de fortes tensions liées à une tentative de coup d’État, annoncée par les autorités de Ouagadougou le 3 janvier 2026. Selon plusieurs sources concordantes, bien que bénéficiant d’un cadre de vie relativement discret, il n’était pas totalement libre de ses mouvements, les autorités togolaises restant attentives à son statut et aux implications régionales de sa présence sur leur sol.
D’après une source proche du militaire, l’arrestation de Paul-Henri Damiba est intervenue le vendredi 16 janvier. Il aurait été conduit de sa résidence du quartier « Lomé 2 » vers la Cour d’appel, où un juge togolais a examiné son dossier.
À l’issue de cette audience, la juridiction aurait accédé à la demande d’extradition formulée par les autorités burkinabè, marquant ainsi un tournant décisif dans le traitement de ce dossier hautement politique.
Peu après la décision, certains de ses effets personnels lui ont été remis, acheminés depuis son lieu de résidence, signe d’un départ imminent et encadré.
Renversé en septembre 2022 par le capitaine Ibrahim Traoré, aujourd’hui à la tête du Burkina Faso, Paul-Henri Damiba s’était réfugié au Togo, pays réputé pour sa tradition de médiation diplomatique dans la sous-région. Installé à Lomé, l’ancien chef de la Transition résidait dans le complexe sécurisé des « Six villas », une zone ultra-surveillée de la capitale togolaise.
Un dossier au cœur des tensions politiques burkinabè
Cette expulsion s’inscrit dans la droite ligne des accusations portées par le régime du capitaine Ibrahim Traoré. Ouagadougou affirme depuis plusieurs mois que Paul-Henri Damiba serait impliqué dans des tentatives de déstabilisation du pouvoir actuel. La junte burkinabè a notamment évoqué un complot déjoué le 3 janvier 2026, ravivant les soupçons autour de l’ancien dirigeant.
Pour les autorités burkinabè, cette extradition renforce la thèse d’un réseau d’opposition actif, tandis que pour certains observateurs, elle souligne la complexité des équilibres diplomatiques et sécuritaires dans une région sahélienne déjà fragilisée.
Silence officiel et interrogations régionales
Le mutisme des gouvernements de Lomé et de Ouagadougou laisse planer de nombreuses interrogations : s’agit-il d’une extradition classique, d’une expulsion administrative ou d’un transfert vers un pays tiers ? Les prochains jours devraient être déterminants pour comprendre les implications politiques, juridiques et sécuritaires de cette affaire.