
Au Soudan du Sud, la situation politique se dégrade avec une escalade qui fait craindre un retour de la guerre civile. Le mercredi 26 mars 2025, le premier vice-président Riek Machar a été placé en résidence surveillée par les forces de sécurité sud-soudanaises, selon une annonce de son porte-parole. Les détails de cette mesure et ses répercussions sur l’accord de paix de 2018 restent flous, mais le pays semble plus proche que jamais d’un nouveau conflit. L’ONU appelle à la retenue et au respect de l’accord de paix.
Une crise politique prévisible
Cette évolution de la crise était redoutée. Depuis début mars, des rumeurs faisaient état d’une arrestation imminente de Riek Machar, notamment après que plusieurs responsables de son parti aient été arrêtés à Juba, dans un contexte de tensions accrues dans la région du Haut-Nil.
Le placement du leader de l’opposition en résidence surveillée jette une ombre sur le processus de paix au Soudan du Sud. Cette détention constitue une « violation de l’accord de paix », selon Pal Mai Deng, porte-parole du parti de Machar. Il exhorte la communauté internationale à « s’assurer de la sécurité physique » du vice-président.
L’ONU met en garde contre un retour au conflit
Nicholas Haysom, chef de la mission de l’ONU au Soudan du Sud (UNMISS), a publié un communiqué alertant sur les conséquences potentielles de cette action.
« Les amendements unilatéraux à l’accord de paix risquent de ramener le pays à un état de guerre. Cela ne va pas seulement dévaster le Soudan du Sud, mais la région toute entière », a-t-il averti.
Une paix fragile mise à rude épreuve
La tension a atteint un sommet lorsque, début mars, une milice nuer, présumée proche de Riek Machar, a attaqué une base militaire à Nasir, tuant un commandant de l’armée et un pilote de l’ONU.
Le camp présidentiel accuse le chef d’état-major de Machar, le ministre du Pétrole et d’autres officiels de son parti d’avoir orchestré ces violences.
Alors que l’ONU exhorte toutes les parties à la retenue, l’avenir du Soudan du Sud reste plus incertain que jamais. Si la situation continue de se dégrader, un retour à la guerre civile pourrait être inévitable, compromettant des années d’efforts de stabilisation et de paix.