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Togo : les syndicats plaident pour un numérique plus équitable

©Newsoftogo-(Lomé, le 24 août 2026)-Les mutations induites par le numérique bouleversent progressivement le monde du travail et font émerger de nouvelles formes d’activités professionnelles. Face à cette évolution, les centrales syndicales du Togo entendent renforcer leurs capacités afin de mieux défendre les droits des travailleurs tout en accompagnant les opportunités offertes par l’économie de plateformes.

C’est dans cette perspective qu’un atelier de renforcement de capacités consacré à l’économie de plateformes a été ouvert au Togo.

L’objectif est de faire du numérique un levier de création d’emplois, de développement économique et de progrès social, sans sacrifier la dignité et les droits des travailleurs.

Prenant la parole au nom des centrales syndicales, Djobo Bougmon, Secrétaire général du Conseil général des centrales syndicales du Togo (CGCT) et porte-parole en exercice, a appelé à une approche concertée pour anticiper les transformations du marché du travail.

 

Entre opportunités et nouveaux risques

 

Dans son discours d’ouverture, Djobo Bougmon a relevé que le développement des applications mobiles et des plateformes numériques transforme profondément les modes de production, de distribution et de consommation. Livraison, transport, services à la demande, travail indépendant en ligne, micro-prestations numériques ou encore commerce électronique constituent désormais de nouvelles sources d’activités et de revenus.

 

Cette économie émergente représente, selon lui, une opportunité particulièrement importante pour les jeunes, en facilitant l’accès au marché du travail et en favorisant l’entrepreneuriat.

 

Mais cette évolution comporte également des risques notamment l’instabilité des revenus, l’insuffisance de la protection sociale, les horaires imprévisibles, les risques liés aux accidents de travail et la faiblesse de la représentation collective.

Il a également attiré l’attention sur les systèmes de notation et les algorithmes utilisés par certaines plateformes, ainsi que sur la difficulté à déterminer clairement le statut professionnel de certains travailleurs.

 

Pour un cadre protecteur des travailleurs

 

Pour les organisations syndicales, l’enjeu n’est toutefois pas de s’opposer au progrès technologique, mais de veiller à ce que celui-ci s’accompagne d’avancées sociales.

 

Djobo Bougmon a ainsi plaidé pour la mise en place d’un cadre permettant de concilier innovation, compétitivité, création d’emplois et protection des travailleurs. Cette réflexion devrait notamment porter sur le statut des travailleurs des plateformes, leur accès à la sécurité sociale, la santé et la sécurité au travail, la protection contre les accidents, la rémunération décente, le temps de travail ainsi que le droit à l’organisation et à la négociation collective.

 

Le renforcement des compétences numériques des travailleurs constitue également une priorité. Il s’agit de leur permettre non seulement d’utiliser les plateformes, mais aussi de mieux comprendre leur fonctionnement, de défendre leurs intérêts et de saisir les opportunités liées à cette nouvelle économie.

 

« Ne pas subir la transformation numérique »

L’atelier constitue une occasion de renforcer les connaissances des organisations syndicales et leur capacité à participer aux débats sur l’avenir du travail.

 

Le porte-parole a appelé à un dialogue accru entre l’État, les organisations d’employeurs, les syndicats, les travailleurs des plateformes, les acteurs du numérique et les partenaires au développement, afin d’élaborer des réponses adaptées aux réalités togolaises.

 

« Notre ambition doit être claire : ne pas subir la transformation numérique, mais participer activement à sa construction », a-t-il insisté, tout en soulignant que l’innovation ne doit pas devenir synonyme de précarisation et que la flexibilité ne saurait signifier l’absence de droits.

Le travail décent au cœur de la transformation numérique

 

Les centrales syndicales du Togo réaffirment ainsi leur disponibilité à contribuer à la construction d’un monde du travail adapté aux mutations technologiques, tout en demeurant fondé sur les principes de justice sociale, de travail décent, de dialogue social et de protection des travailleurs.

 

À travers cet atelier, les participants sont appelés à approfondir leur compréhension de l’économie de plateformes et surtout à formuler des propositions concrètes en faveur d’un modèle plus inclusif et équitable.

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